Au fil du temps, la vie nous amène des changements, parfois prévisibles, parfois inattendus, qui peuvent transformer nos routines et affecter notre santé et notre bien-être. Les grandes transitions de vie, comme la retraite, le fait de devenir grand-parent, la perte d’un être cher, le fait de jouer le rôle de proche aidant ou encore un déménagement, peuvent ébranler notre sentiment de stabilité et de raison d’être. Des changements majeurs, tels que le retrait du permis de conduire ou la décision de cesser de conduire, peuvent susciter des émotions fortes, comme la frustration ou la tristesse liées à la perception d’une perte de liberté. Ces transitions peuvent influencer les liens sociaux, les occasions de participation et la qualité de vie. C’est pourquoi il est essentiel de maintenir des liens sociaux solides durant ces périodes, puisque la participation sociale est associée à de meilleurs résultats en matière de santé physique, mentale et cognitive à un âge avancé.
Bien que la conduite automobile offre des avantages indéniables aux personnes aînées, notamment en matière d’autonomie, les risques qui y sont associés peuvent entraîner des conséquences graves, dont des collisions routières¹. Bien que ces risques soient jusqu’à trois fois plus élevés chez les personnes aînées atteintes de démence, d’autres changements liés à l’âge peuvent également compliquer la conduite et en réduire la sécurité. D’où l’importance d’aborder de façon proactive la question du moment où il devient préférable d’arrêter de conduire. Heureusement, avec un accompagnement adéquat et une planification en amont, les personnes aînées peuvent effectuer cette transition de façon plus harmonieuse, tout en maintenant leur participation sociale et leur qualité de vie.
Ce que nous apprend la recherche
Une synthèse des données probantes réalisée en 2017, incluant trois études portant sur des interventions visant à faciliter la cessation de la conduite chez les personnes aînées (avec ou sans démence), a montré que les groupes de soutien peuvent réduire les symptômes dépressifs associés à l’arrêt de la conduite chez les conducteurs atteints de démence ayant perdu leur permis de conduire. 1 De plus, la remise de dépliants d’information aux proches aidants de personnes aînées a permis d’améliorer la capacité de ces dernières à s’adapter à la transition vers la cessation de la conduite. Bien que les données disponibles demeurent limitées, elles mettent en évidence l’importance d’adopter une approche proactive et d’offrir un soutien adéquat aux personnes aînées qui cessent de conduire.
La vie après la conduite : planifier l’avenir et maintenir les liens sociaux
Cesser de conduire peut représenter une transition de vie majeure, entraînant du stress, un sentiment de perte d’autonomie et des défis émotionnels, tant pour les conducteurs aînés que pour leurs proches. Toutefois, une planification précoce, des réseaux de soutien solides et l’engagement des organisations de santé et communautaires peuvent faciliter cette transition, en aidant les personnes aînées à préserver leur bien-être et à demeurer socialement actives.2,3 Voici quelques éléments importants à considérer, ainsi que des conseils pour les personnes qui ont déjà arrêté de conduire ou qui pensent le faire.
Commencez à vous préparer avant de devoir cesser de conduire
- Commencez à explorer d’autres options de transport : il est souvent plus facile d’adopter de nouvelles habitudes de déplacement lorsque l’on est encore en bonne forme physique et cognitive, et de les maintenir par la suite.
- Réduisez graduellement vos déplacements en voiture : par exemple, remplacez un trajet hebdomadaire en voiture par la marche, le vélo ou le transport en commun afin de gagner en confiance et en aisance avec ces modes de transport.
- Profitez des options de transport en commun gratuites ou à tarif réduit qui peuvent être offertes dans votre communauté.
Planifiez vos trajets à l’avance
- Repérez les arrêts d’autobus, de métro, de train ou de navette les plus proches, ainsi que les bancs ou autres endroits où vous pouvez faire une pause en chemin.
- Utilisez des applications de transport en commun pour vous exercer à planifier vos trajets.
- Faites vous accompagner d’un ami ou d’un membre de la famille lorsque vous utilisez un nouveau trajet ou un nouveau mode de transport.
Développez vos habitudes progressivement
- De petits changements dans la routine, comme marcher pour se rendre à des services de proximité ou regrouper ses courses en un seul déplacement en transport en commun, peuvent faciliter des changements plus importants dans vos habitudes de déplacement.
- Essayez différentes options (covoiturage, vélo, vélo électrique, trottinette) afin de déterminer celles avec lesquelles vous êtes le plus à l’aise.
- Réfléchissez au moment où vous pourriez souhaiter cesser de conduire et discutez-en ouvertement avec votre entourage.
Restez connectés
- Demandez à des amis ou à des proches de vous aider à explorer ou à tester de nouvelles options de transport.
- Constituez un cercle de « partenaires de mobilité » pouvant marcher avec vous, partager des trajets ou vous aider pour certaines courses.
- Gardez sur vous une liste de services de navettes locaux, de numéros de taxi et de contacts de covoiturage afin d’avoir des solutions de rechange en cas de besoin.
Arrêter de conduire peut sembler contraignant, mais cela comporte aussi des avantages : on évite les dépenses et les tracas liés aux réparations, à l’entretien hivernal, au stationnement, ainsi qu’aux paiements pour la voiture et les assurances. En s’y préparant tôt, en explorant d’autres options de transport avec l’aide de la famille et des amis, et en adoptant progressivement de nouvelles habitudes, les personnes aînées peuvent mieux vivre cette transition tout en restant connectées à leur entourage et à leur communauté.
Pour en savoir plus sur l’importance des différentes transitions de la vie à un âge avancé et sur la façon de rester socialement connecté durant ces périodes, consultez les autres billets de notre série Les transitions dans le parcours de vie, présentée en partie grâce à la Direction régionale de santé publique de Montréal à travers le Réseau Résilience Aîné·es Montréal, ainsi que les autres ressources ci-dessous !


