En avançant en âge, les changements de vie, qu’ils soient prévus ou inattendus, peuvent perturber nos routines et parfois même affecter notre santé et notre bien-être. Les grandes transitions, comme la prise de la retraite, la naissance d’un petit-enfant, la perte d’un proche, la proche-aidance ou un déménagement, peuvent ébranler notre équilibre de vie. Même les changements positifs, comme le fait de devenir grand-parent, exigent une période d’adaptation, car ils impliquent de nouveaux rôles et responsabilités au sein de la famille. Ces transitions peuvent transformer nos réseaux sociaux, affecter notre capacité à participer à des activités et influencer notre qualité de vie. D’où l’importance de maintenir des liens sociaux durant ces périodes : la participation sociale influence la santé physique, mentale et cognitive, même à un âge avancé.
En 2017, au Canada, 7,5 millions de personnes étaient grands-parents. L’âge moyen de l’ensemble des grands-parents était de 68 ans. La première expérience de grand-parentalité se situe en moyenne à 52 ans.1
Malgré ses aspects positifs, le rôle de grand-parent peut aussi comporter des défis. Les structures familiales complexes, comme les familles recomposées, peuvent engendrer des dynamiques nécessitant des ajustements. Certains grands-parents doivent composer avec des changements dans leurs relations ou leurs conditions de vie, ce qui peut rendre cette période de transition plus difficile. Il n’est pas toujours facile de concilier le désir d’être présent et de soutenir les autres avec le besoin de préserver sa propre autonomie et ses activités sociales. Cela souligne l’importance de demeurer socialement connecté et de s’engager dans des activités porteuses de sens, favorisant la santé et le bien-être.
Ce que nous apprennent les données probantes
Une synthèse des données probantes sur la grand-parentalité, la santé et le bien-être, publiée en 2022, a montré que les effets de la grand-parentalité sur la santé varient selon le type et l’intensité du rôle joué par les grands-parents.2 Plus précisément, lorsque ceux-ci assument un rôle de soins à temps plein, la charge que cela représente est souvent associée à un niveau de stress plus élevé ainsi qu’à une détérioration de la santé physique et mentale. La cohabitation à trois générations permet de mieux se connaitre et de s’entraider au quotidien. Par contre, elle peut aussi engendrer des tensions et du stress et limiter la participation sociale des grands-parents.
À l’inverse, les grands-parents qui s’impliquent activement auprès de leurs petits-enfants tout en conservant leur propre domicile tendent à en retirer plus de bénéfices. Cela s’expliquerait par leur capacité à préserver leur autonomie, à maintenir une routine personnelle adaptée à leurs besoins et à privilégier d’autres formes de liens sociaux.2 Ces grands-parents déclarent généralement être plus heureux. Dans l’ensemble, la clé semble être de trouver un équilibre : demeurer engagé et soutenant, sans toutefois s’investir au point de générer du stress ou de l’épuisement. Ces recherches suggèrent que, si la grand-parentalité peut enrichir la vie et renforcer les liens familiaux, ses bienfaits sont maximisés lorsque les grands-parents peuvent rester socialement connectés, préserver leur indépendance et disposer du temps et de l’énergie nécessaires pour prendre soin d’eux-mêmes.
Trouver l’équilibre et rester connecté
Être grand-parent peut apporter énormément de joie, mais il est facile de s’investir au point de s’épuiser. Établir des limites claires et communiquer ouvertement avec ses proches permet de préserver un équilibre sain, de prioriser son propre bien-être et de veiller à ce que les relations demeurent positives et épanouissantes pour tous.
- Prenez soin de vous en premier
- Accordez-vous du temps pour vous ressourcer, nourrir vos loisirs et entretenir des amitiés en dehors de la famille.
- Planifiez régulièrement des moments pour vous (par exemple, de la lecture, de la marche, des sorties entre amis) afin de faire le plein d’énergie.
- Rappelez-vous : prendre soin de vous d’abord permet d’être plus présent et disponible pour les autres.
- Communiquez ouvertement et avec respect
- Soyez honnête avec vos enfants au sujet de la façon et du moment dont vous préférez aider.
- Demandez-leur directement quel type de soutien leur serait le plus utile : préparer un repas ou aider à la maison peut parfois être plus précieux pour eux que garder les petits-enfants.
- Écoutez activement et respectez leurs choix parentaux, même si vous feriez les choses autrement.
- Établissez des limites et des attentes claires
- Entendez-vous sur les routines, les règles de la maison et les horaires afin de réduire les malentendus.
- Soyez réaliste et transparent quant à votre disponibilité et à ce que vous pouvez offrir.
- Dites non lorsque nécessaire pour éviter l’épuisement et maintenir des relations saines.
- Préservez votre indépendance
- Restez impliqué dans votre communauté ou dans des activités bénévoles pour nourrir d’autres liens sociaux.
- Entretenez vos amitiés et vos loisirs, qui renforcent un sentiment de sens au-delà de la famille.
- Apporter de nouvelles expériences provenant de l’extérieur peut aussi enrichir vos relations familiales.
- Favorisez la compréhension mutuelle entre les générations
- Respectez les différences de valeurs, de culture ou de pratiques parentales qui peuvent exister.
- Évitez les critiques en présence des enfants et misez davantage sur l’encouragement.
- Exprimez votre gratitude pour votre rôle au sein de la famille : cela renforce la confiance et montre ce qui compte pour vous.
En trouvant un bon équilibre et en communiquant clairement, les grands-parents peuvent éprouver de la joie dans leurs relations familiales tout en préservant leur identité et leur bien-être. Des limites saines et une implication sociale en dehors de la famille contribuent à maintenir des relations intergénérationnelles plus solides au sein du cercle familial.
Pour en savoir plus sur l’importance des différentes transitions de la vie à un âge avancé et sur la façon de rester socialement connecté durant ces périodes, consultez les autres billets de notre série Les transitions dans le parcours de vie, présentée en partie grâce à la Direction régionale de santé publique de Montréal à travers le Réseau Résilience Aîné·es Montréal, ainsi que les autres ressources ci-dessous !


