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Il ne peut pas y avoir trop de cuisiniers: des cuisines collectives pour nourrir vos besoins

Les messages clés

  • La plupart des Canadiens mangent au restaurant une fois par semaine ou plus, parce que c'est plus pratique, qu'ils n'ont pas le temps de cuisiner ou qu'ils n'aiment pas ou ne savent pas cuisiner.

  • Certaines initiatives, comme les cuisines collectives, ont été lancées ici et à l'étranger pour répondre aux besoins nutritionnels, économiques et sociaux des habitants de la communauté.

  • Se réunir pour apprendre de nouvelles choses, cuisiner pour le plaisir ou pour réseauter est en soi un grand succès, car il permet aux aînés de briser l'isolement social et de maintenir un style de vie actif.

Les Canadiennes et Canadiens ne cuisinent plus. Selon Statistique Canada, 54% d’entre eux mangent au restaurant une fois par semaine ou plus, et 40% des gens disent qu'ils mangent à l'extérieur pour des raisons de commodité, qu’ils n'ont pas le temps de cuisiner ou qu’ils n'aiment pas ou ne savent pas cuisiner.(1) En fait, les Canadiennes et Canadiens passent plus de temps à regarder des émissions de cuisine qu'à cuisiner, et ils passent moins de temps à manger que presque n'importe qui d'autre dans le monde.(2)

Certaines initiatives, comme les cuisines collectives, ont été lancées ici et ailleurs pour répondre aux besoins alimentaires, économiques et sociaux des gens de la communauté. Bien que ces cuisines collectives puissent prendre diverses formes, elles permettent généralement à des groupes de préparer des repas, et ce, en grande quantité. Ceux-ci auront l’occasion de déguster leurs repas ensemble, mais aussi d’en rapporter chez eux. Des activités éducatives peuvent également être planifiées sur des sujets d’intérêt (par exemple, le Guide alimentaire canadien, l’utilisation de certains équipements en cuisine, ou encore la salubrité alimentaire).

Ces cuisines collectives peuvent favoriser la sécurité alimentaire des participants, en augmentant l'accès physique et économique à des quantités adéquates d'aliments sains. De telles initiatives visent également à aider les participants à préparer des repas avec un budget limité, développer leurs connaissances alimentaires et leurs compétences culinaires, mais aussi créer des liens sociaux autour des fourneaux. Ces initiatives sont souvent financées ou gérées par des organismes locaux ou des associations caritatives, bien que certaines reçoivent un financement ou des ressources supplémentaires du secteur privé.(3; 4) Mais que nous apprend la recherche sur de telles initiatives?

Ce que la recherche nous apprend

Une revue systématique a examiné 13 études ayant évalué des cours dans des cuisines collectives au Royaume-Uni pour en déterminer leur efficacité et leur pertinence.(5) Les 13 études visaient à enseigner des compétences culinaires à des groupes à faible revenu, à certains groupes ethniques, ainsi qu’à des groupes de personnes âgées ou atteintes de maladies spécifiques. Tous les cours ont été donnés dans des zones défavorisées, généralement dans des centres communautaires. Certains cours s’adressaient à des groupes communautaires existants, plutôt qu’à des individus.

L’approche la plus courante consistait à recourir à des tuteurs susceptibles de connaître la communauté locale : il pouvait s’agir de bénévoles qui recevaient une formation ou encore de professionnels. Le rôle du tuteur était de communiquer des messages sur la santé de manière accessible et d’aider les gens à développer des compétences pratiques pour les achats, la préparation des repas, et la salubrité alimentaire afin de pouvoir manger plus sainement avec un petit budget.

Les études examinées dans cette revue n’ont pas prouvé hors de tout doute que les cours de cuisine avaient des effets positifs sur la santé, à cause du petit nombre d’études et de certains biais méthodologiques. Toutefois, les données provenant d’une étude sur des clubs de cuisine dirigés par des pairs (appelées « Food Clubs ») et offerts aux personnes âgées de 65 ans ou plus dans des zones socialement défavorisées suggèrent que les cours de cuisine offerts à cette population pourraient avoir des effets bénéfiques.

Les cours de cuisine de ces Food Clubs avaient pour objectif d’améliorer les connaissances, les attitudes et les pratiques alimentaires des participants. Des habitants de 60 ans et plus, sans formation professionnelle en santé, ont été recrutés pour gérer les clubs. Les cours, qui comprenaient une formation axée sur les compétences pratiques, la salubrité alimentaire et une alimentation saine, duraient deux heures par semaine pendant 20 semaines. Les Food Clubs ont été formés à la suite de groupes de discussion et d’entretiens menés avec des personnes âgées, des agents de développement sanitaire, des diététistes communautaires et des assistants en nutrition communautaire. Du matériel pédagogique et des recettes ont ensuite été élaborés en collaboration avec une spécialiste en économie de la consommation et une diététiste.

Bien qu’il n’y ait pas de données probantes que l’alimentation globale des participants se soit significativement améliorée, ceux-ci ont toutefois grandement apprécié ces séances de cuisine collective principalement pour des raisons sociales, mais aussi parce qu’ils ont aimé apprendre de gens de leur âge.

À vos fourneaux!

Le fait de se rassembler pour apprendre de nouvelles choses, pour cuisiner dans le plaisir ou pour réseauter est en soi une belle réussite, car cela permet aux aînés de briser l’isolement social et de maintenir une vie active.

Si vous souhaitez vous joindre à une cuisine collective, informez-vous auprès de votre municipalité ou d’un regroupement de cuisines collectives dans votre région.(4)

Il est toutefois possible qu’il n’y ait pas de cuisine collective active près de chez vous. Alors, pourquoi ne pas mettre sur pied votre propre cuisine collective avec des membres de votre communauté! Certains guides couvrent tout ce que vous avez besoin de savoir pour démarrer et gérer une cuisine collective.(3)


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Références

  1. Statistique Canada. Aller au restaurant : À quelle fréquence et pour quelles raisons. Ottawa: Canada, 2019.
  2. Radio Canada International. Canadians watch cooking but don’t do it, says researcher. 2017.
  3.  Alberta Health Services. Kitchen collective manual. 2018.
  4. Regroupement des cuisines collectives du Québec. Qu'est-ce qu'une cuisine collective? 2020.
  5. Rees R, Hinds K, Dickson K, O'Mara-Eves A, Thomas J. Les communautés qui cuisinent: une revue systématique de l'efficacité et de la pertinence des interventions pour initier les adultes à la cuisine familiale. London: EPPI-Centre; 2012.

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