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Qu'est-ce qui est le plus efficace pour soulager les maux de dos ?

Les messages clés

  • La douleur lombaire est l’une des maladies parmi les plus courantes chez les adultes et peut causer de la détresse, de l'incapacité et une diminution de la qualité de vie.
  • Les traitements non pharmacologiques, y compris l’exercice, le yoga, la pleine conscience, les massages et l’acupuncture, peuvent aider à soulager les douleurs lombaires et sont recommandés comme traitement de première intention.
  • Si les approches non pharmacologiques ne suffisent pas, les AINS ou l’antidépresseur duloxétine peuvent  atténuer les maux de dos. L’acétaminophène n’aide pas à soulager les douleurs lombaires aiguës.
  • Les opioïdes présentent des risques élevés d'événements indésirables et doivent être prescrits avec prudence.

Si vous souffrez d’un mal de dos, vous n'êtes pas seuls: la lombalgie, ou plus simplement, dans sa forme aigüe, le tour de reins, est la principale cause d’inconfort et d’incapacité dans le monde et sa prévalence atteint des sommets avec l'âge (1). Mais cette information surprenante offre une bien piètre consolation quand vous êtes alités, ankylosés et perclus de douleur en raison de votre dos.

Il y a cependant des façons d'obtenir du soulagement. Voici quelques traitements et des stratégies qui semblent prometteuses pour réduire la douleur et l’incapacité causées par la lombalgie. Cliquez sur les liens pour en apprendre davantage sur les meilleures données probantes disponibles.

Les traitements non pharmacologiques

Les remèdes qui ne font pas appel aux médicaments (accompagnés du risque d’effets secondaires) sont souvent la première ligne de défense lorsqu’il s’agit de soulager la douleur, en particulier la douleur lombaire chronique et à long terme. Une revue systématique récente a évalué l’impact de divers types de thérapies sur les niveaux de douleur et de fonctionnement chez les adultes atteints de douleurs lombaires (2). La bonne nouvelle est que beaucoup de ces thérapies sont vraiment efficaces – du moins à court terme – et peuvent réduire un peu ou modérément la douleur.

On observe les plus grands effets lorsque les participants pratiquent le yoga et d'autres types d’exercices de contrôle moteur (p. ex., le tai-chi), ou prennent part à des techniques de relaxation ou de réduction du stress. On dispose aussi de données probantes qui montrent que l’acupuncture, les massages et la réadaptation peuvent aider à soulager la douleur (2).

Cette revue systématique soutient les recommandations qui préconisent aux gens souffrant de douleurs lombaires de bouger, de faire des étirements et d’effectuer certains types d’exercice – même si le plus souvent ils ont seulement envie de rester immobiles. D'autres études ont montré que la musculation (3), les exercices d’équilibre et de coordination et le yoga (4) aident à soulager les maux de dos, à renforcer les muscles et à améliorer la mobilité.
    

Les options pharmacologiques

Au fil des ans, divers types d’analgésiques et de relaxants musculaires ont été prescrits pour la lombalgie chronique, mais ils ne fonctionnent systématiquement bien pour tout le monde, pas plus qu'ils n'aident à éviter les risques d’une intervention chirurgicale au dos (5). Récemment, de nouvelles données probantes ont été publiées dans une revue systématique qui a étudié l’efficacité de huit différentes classes de médicaments pour réduire les douleurs lombaires (6). On recommande aux personnes qui ne répondent pas aux approches non pharmacologiques (préconisées comme traitement de première intention), d’essayer les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) pour la douleur aiguë ou chronique. Comme deuxième choix, la duloxétine, un type d’antidépresseur, s’avère utile pour soulager les maux de dos chroniques.

Les opioïdes peuvent aussi atténuer les maux de dos, mais ils présentent un risque plus élevé d’effets secondaires, de dépendance et de surdose. Bien que les études incluses dans la revue n’évaluent pas les risques d'événements indésirables, les auteurs de l’étude reconnaissent les préoccupations et la controverse entourant l’utilisation des opioïdes pour la douleur chronique (6 ; 7).

La revue constate également que l’acétaminophène ne soulage pas la douleur aiguë au dos et que les AINS ne sont pas aussi efficaces qu'on le croyait (6), qui est conforme aux conclusions d’autres études récentes. Certains types d’AINS peuvent être plus efficaces que d’autres (par exemple, une recherche récente montre que les  AINS « non-sélectifs » présentent plus de risques et offrent moins de bénéfices) (8). Consultez votre médecin ou votre pharmacien quant au type de médicaments qui vous est prescrit pour vos douleurs et demandez-leur conseil quant aux risques et aux bénéfices dans votre situation.

 

Ayez un plan B

Bien que les douleurs lombaires affligent la majorité des adultes, jusqu'à présent il n’y a aucun remède magique qui fonctionne pour tous. La meilleure stratégie peut consister en une combinaison de thérapies non pharmacologiques, avec ou sans médicament d’ordonnance. Collaborez avec votre médecin pour élaborer un plan personnalisé afin de gérer vos douleurs au dos et de continuer à avoir une vie active.

Ressources en vedette


À Propos des Auteurs

Références

  1. Hoy D, March L, Brooks P. The global burden of low back pain: estimates from the Global Burden of Disease 2010 study. Ann Rheum Dis. 2014; 73(6): 968-974. doi: 10.1136/annrheumdis-2013-204428. 
  2. Chou R, Deyo R, Friedly J et coll. Les traitements non pharmacologiques pour la lombalgie: une revue systématique pour le guide de pratique clinique de l'American College of Physicians. Ann Intern Med. 2017; 166(7):493-505. doi: 10.7236/M16-2459
  3. Searle A, Spink M, Ho A, et coll. Les interventions axées sur les exercices pour le traitement de la lombalgie chronique: une revue systématique et méta-analyse d'essais contrôlés randomisés. Clin Rehabili. 2015; 29(12):1155-1167. doi: 10.1177/0269215515570379. 
  4. Cramer H, Lauche R, Haller H, et coll. Une revue systématique et méta-analyse portant sur le yoga pour la lombalgie. Clin J Pain. 2013; 29(5):450-460. Doi: 10.1097/AP.0b013e31825e1492.
  5. Ivanova JL, Bimbaum HG, Schiller M et coll. Real-world practice patterns, health-care utilization, and costs in patients with low back pain: the long road to guideline-concordant care. Spine J. 2011; 11(7):622-632. doi: 10.1016/j.spinee.2011.03.017.
  6. Chou R, Deyo R, Friedly J et coll. Les traitements pharmacologiques systémiques pour la lombalgie: une revue systématique pour le guide de pratique clinique de l'American College of Physicians. Ann Intern Med. 2017; 166(7):480-492. doi: 10.7326/M16-2458.
  7. Chou R, Turner JA, Devine EB et coll. L'efficacité et les risques de la thérapie aux opioïdes à long terme pour la douleur chronique : une revue systématique pour un atelier des National Institutes of Health sur les chemins vers la prévention. Ann Intern Med. 2015; 162(4):276-286. doi: 10.7326/M14-2559.
  8. Enthoven WT, Roelofs PD, Deyo RA, et coll. Non-steroidal anti-inflammatory drugs for chronic low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2016; 2:CD012087.

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