Savez-vous ce que signifie VITE ? Des médecins aux publicités, nous avons été fréquemment exposés à cet acronyme au fil des ans. VITE signifie affaissement du Visage, Incapacité à lever les deux bras, Troubles de la parole et Extrême urgence. Cette campagne de sensibilisation populaire enseigne les signes d’un AVC et quand il faut demander de l’aide. Plus précisément, les signes et les mesures à prendre comprennent la perte d’équilibre, les changements de vision, l’affaissement du visage, la faiblesse des bras ou des jambes, les troubles de l’élocution et le moment où il faut appeler le 911 (1).
À l’échelle mondiale, on estime qu’une personne sur quatre risque d’être victime d’un AVC à un moment donné de sa vie (2). Il est donc facile de comprendre pourquoi d’énormes efforts sont consacrés à l’éducation sur les AVC. En fait, dans des pays comme le Canada, environ 80 % des personnes survivent désormais à un AVC, en partie parce qu’elles peuvent en reconnaître les signes assez tôt (3). Malheureusement, environ 66 % des survivants et des survivantes ont des difficultés à bouger ou à contrôler certaines parties de leur corps, comme leurs bras ou leurs jambes, juste après leur AVC, et certaines déficiences persistent à long terme, voire de manière permanente (4). Cela n’est pas surprenant si l’on considère que l’AVC est la première cause d’incapacité dans le monde (2).
Pour les personnes qui survivent à un AVC, ces handicaps peuvent avoir un impact sur leur capacité à accomplir seules les activités quotidiennes essentielles, comme se doucher, s’habiller et se nourrir. La réadaptation physique, généralement dispensée par un ou une physiothérapeute, vise à aider ces personnes à retrouver leurs mouvements et leurs fonctions afin qu’elles puissent retrouver leur indépendance. Mais est-elle efficace ? Examinons une récente revue systématique pour trouver des réponses (4).
Ce que nous apprend la recherche
La revue systématique révèle que chez les adultes ayant subi un AVC, la réadaptation physique peut apporter des améliorations à long terme au niveau des mouvements des jambes et de la capacité à accomplir de manière autonome les activités quotidiennes essentielles. Ces bénéfices s’observent lorsque l’on compare la réadaptation physique à son absence. Des améliorations à court terme de l’équilibre et de la vitesse de marche sont également possibles.
Mais les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là ! Il semble qu’aller au-delà de la réadaptation physique habituelle puisse apporter des bénéfices encore plus importants pour tous les résultats mentionnés ci-dessus. Cependant, nous ne savons pas si les bénéfices d’une réadaptation physique supplémentaire durent à long terme.
Lorsque nous savons qu’une chose est potentiellement efficace, nous nous intéressons à la version qui nous permettra d’en tirer le meilleur parti. En d’autres termes, quel type de réadaptation physique est optimal ? Ici, nous constatons que la réadaptation physique axée sur l’aide aux personnes à retrouver un mouvement précis en leur permettant de s’exercer à travers des activités de la vie quotidienne peut être la plus bénéfique pour certains résultats.
Dans l’ensemble, ces conclusions sont généralement basées sur des preuves peu fiables, ce qui signifie que des recherches futures pourraient aboutir à des résultats différents pour certains effets (4).
En attendant, il est important que les personnes qui survivent à un AVC, et son aidant, discutent des options de réadaptation avec leur équipe soignante et élaborent un plan de réadaptation sur mesure qui réponde à leurs souhaits, leurs besoins et leurs préoccupations.


