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L’entraînement des muscles du plancher pelvien peut-il être une solution aux problèmes de fuites urinaires chez les femmes ?

Les messages clés

  • Dans le monde, des centaines de millions de personnes sont confrontées à des problèmes liés à l’incontinence urinaire, c’est-à-dire à la perte involontaire du contrôle de la vessie.
  • Les femmes âgées sont particulièrement vulnérables à l’incontinence urinaire.
  • L’incontinence urinaire peut entraîner un déclin de la santé physique, mentale et sociale des individus.
  • L’entraînement des muscles du plancher pelvien peut guérir ou améliorer l’incontinence urinaire chez les femmes souffrant de différentes formes de cette affection.
  • Envisagez d’essayer un entraînement des muscles du plancher pelvien, mais parlez d’abord à votre prestataire de soins de santé de votre intérêt pour cette stratégie et des exercices que vous pouvez faire en toute sécurité à la maison.

Vous arrive-t-il de perdre involontairement le contrôle de votre vessie juste après avoir eu l’envie d’uriner ou lors d’activités de routine, comme vous pencher pour ramasser la télécommande d’un téléviseur, faire une petite promenade le soir ou simplement rire d’une blague faite par un ami ? Si c’est le cas, sachez que vous n’êtes pas seul. Ces expériences stressantes qui vous mettent dans l’embarras sont monnaie courante chez les personnes souffrant d’incontinence urinaire et touchent des centaines de millions de personnes dans le monde (1-3). Qui plus est, cette affection est extrêmement fréquente chez les personnes âgées et est deux fois plus répandue chez les femmes âgées que chez les hommes âgés (1).


L’incontinence urinaire a un impact considérable sur la santé physique, mentale et sociale. Dans la vie de tous les jours, ces impacts négatifs peuvent se manifester par une augmentation des infections urinaires et des plaies de lit, une diminution de l’activité physique, une mauvaise perception de soi et une diminution des interactions sociales qui mènent à l’isolement social (2 ; 4-6). Heureusement, il existe une variété de traitements pour aider les personnes atteintes de cette maladie à y faire face ou à réussir à la vaincre. Pour ceux qui ne veulent pas ajouter un autre médicament à leur armoire à pharmacie ou qui cherchent à compléter un plan de traitement existant, une option non médicamenteuse telle que l’entraînement des muscles du plancher pelvien peut être intéressante (2). Cette forme d’entraînement repose sur des exercices visant à améliorer certains aspects des muscles du plancher pelvien, comme l’endurance, la puissance et la force musculaires (2 ; 7). Un exemple de ces exercices est la contraction et la relaxation des muscles du plancher pelvien (2).


Mais ces exercices sont-ils efficaces ? Une étude systématique, portant spécifiquement sur l’impact de cette stratégie sur les femmes, répond à cette question (2).


Ce que la recherche nous apprend

Bien que des recherches à plus long terme soient nécessaires sur l’entraînement des muscles du plancher pelvien, les données actuellement disponibles sont positives. Les auteurs de l’étude ont conclu que cette forme d’entraînement pouvait être proposée comme option de traitement primaire pour les femmes souffrant d’incontinence urinaire.


Entrons dans les détails !


Tout d’abord, il y a les femmes souffrant d’incontinence urinaire d’effort, c’est-à-dire de fuites involontaires d’urine lors d’un effort physique. L’étude a révélé que lorsque ces femmes pratiquent un entraînement des muscles du plancher pelvien, elles sont huit fois plus susceptibles de déclarer avoir été guéries que les femmes ne recevant aucun traitement ou recevant un autre traitement n’impliquant pas d’activité physique (par exemple, des appels téléphoniques de motivation, des médicaments placebo, etc.) Deuxièmement, en combinant des résultats tels que la guérison et l’amélioration de l’incontinence urinaire rapportées par les patientes, les femmes faisant des exercices du plancher pelvien sont six fois plus susceptibles de déclarer qu’elles ressentent l’un de ces deux avantages. Troisièmement, les données montrent également un potentiel d’amélioration des symptômes grâce à l’entraînement des muscles du plancher pelvien.


Lorsqu’il s’agit de femmes souffrant d’un type quelconque d’incontinence urinaire (c’est-à-dire incontinence à l’effort, incontinence d’urgence [écoulement involontaire d’urine pendant ou immédiatement après une envie soudaine d’uriner], ou les deux) qui suivent un entraînement des muscles du plancher pelvien, des résultats similaires sont mis en évidence. Plus précisément, ces femmes sont cinq fois plus susceptibles de déclarer qu’elles sont guéries que les femmes ne recevant pas de traitement ou recevant un traitement sans entraînement du plancher pelvien. Les femmes qui suivent un entraînement musculaire sont également deux fois plus susceptibles de déclarer qu’elles sont guéries ou que leur incontinence urinaire s’est améliorée lorsque ces deux résultats sont examinés ensemble.


De plus, les femmes souffrant d’incontinence urinaire — quel que soit le type — peuvent constater une réduction du nombre d’épisodes de fuites sur une journée et une diminution de la quantité d’urine perdue grâce à l’entraînement des muscles du plancher pelvien. Enfin, et surtout, l’innocuité. D’après les études qui ont fait état d’effets secondaires négatifs liés à la pratique de l’entraînement des muscles du plancher pelvien, ces effets sont rares et, lorsqu’ils se produisent, ils ne sont pas graves (par exemple, douleur, gêne pendant l’exercice, aggravation temporaire des symptômes, etc.) (2). En somme, l’entraînement des muscles du plancher pelvien semble être un ajout généralement sûr et solide à votre plan de gestion du contrôle de la vessie. Mieux encore, on peut le pratiquer à domicile avec peu ou pas d’équipement et avec les conseils de vidéos en ligne, d’applications mobiles ou d’instructions fournies par votre prestataire de soins. Si vous décidez d’utiliser une ressource en ligne, n’oubliez pas de vous assurer qu’elle est fondée sur des données probantes et qu’elle provient d’une source digne de confiance. Consultez votre médecin avant de commencer, car il peut vous orienter vers un programme ou des exercices spécifiques à faire seule.


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Références

  1. Organisation mondiale de la santé. Evidence profile : Urinary incontinence. [Internet] 2017. [consulté en mars 2021]. Disponible en ligne en anglais : https://www.who.int/ageing/health-systems/icope/evidence-centre/ICOPE-evidence-profile-urinary-incont.pdf 
  2. Dumoulin C, Cacciari LP, Hay-Smith EJC. L'entraînement des muscles du plancher pelvien par rapport à l'absence de traitement ou aux traitements de contrôle inactifs pour l'incontinence urinaire chez les femmes. Cochrane Database Syst Rev. 2018; 10:CD005654. doi : 10.1002/14651858.CD005654.pub4.
  3. Milsom I, Altman D, Cartwright R, et coll. Epidemiology of urinary incontinence (UI) and other lower urinary tract symptoms (LUTS), pelvic organ prolapse (POP) and anal incontinence (AI). In: Abrams P, Cardozo L, Khoury S, Wein A editor(s). Incontinence : 5th International Consultation on Incontinence. Recommendations of the International Scientific Committee: evaluation and treatment of urinary incontinence, pelvic organ prolapse and faecal incontinence; 2012 Feb 23-25; Paris. Belgium: International Consultation on Urological Diseases (ICUD), 2013:15-107. 
  4. Resnick NM, Yalla SV, Laurino E. The pathophysiology of urinary incontinence among institutionalized elderly persons. N Engl J Med. 1989; 320(1):1-7
  5. Papanicolaou S, Hunskaar S, Lose G, et coll. Assessment of bothersomeness and impact on quality of life of urinary incontinence in women in France, Germany, Spain and the UK. BJU International. 2005; 96(6):831-838.
  6. Fantl J, Newman DK, Colling J. Urinary incontinence in adults: acute and chronic management: 1996 update. AHCPR clinical practice guidelines No. 2. Rockville (MD): Agency for Health Care Policy and Research (AHCPR), Public Health Service, US Department of Health and Human Services; 1996 Mar. AHCPR Report No.: 96-0682.
  7. Bø K, Frawley H, Haylen BT, et coll. An International Urogynecological Association (IUGA)/International Continence Society (ICS) joint report on the terminology for the conservative and nonpharmacological management of female pelvic floor dysfunction. Neurourol Urodyn. 2017; 28(2):191-213.  

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