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Souffrez-vous de la goutte? Explorez vos options de traitement

Les messages clés

  • La goutte affecte beaucoup de gens, mais elle est plus fréquente chez les personnes âgées. Certains facteurs liés à l’alimentation et aux habitudes de vie peuvent augmenter votre risque. 
  • De nombreuses options de traitement sont disponibles pour réduire la douleur associée à la goutte ou pour la prévenir, chacune associée à des effets secondaires différents.
  • Discutez avec votre professionnel de soins de santé du traitement le mieux adapté pour vous, et s’il y a quelque chose que vous pouvez faire pour aider à prévenir une future crise de goutte

Qu’ont en commun la reine Anne d’Angleterre, Alexandre le Grand et Beethoven? Étonnamment, c’est... la goutte. Autrefois considérée comme une maladie de gens privilégiés provoquée par une alimentation et des boissons trop riches, on sait maintenant que la goutte affecte des personnes de tous les horizons.(1) Environ cinq pour cent des Canadiens et deux pour cent des Canadiennes souffrent de la goutte.(2)

La goutte est un type d’arthrite qui est causé par un excédent d’acide urique dans l’organisme.(1 ; 3) Cet excès peut déclencher la formation de cristaux d’urate dans les articulations, le cartilage, les tendons et les os, provoquant de l’inflammation, un gonflement et de la douleur.(3)

Les poussées de goutte peuvent être soudaines (1) et augmenter en fréquence, en durée et en gravité chez certaines personnes.(3) Parfois, la goutte est si grave qu’elle peut affecter les activités quotidiennes, le travail et la vie familiale. Elle entraîne également plusieurs consultations chez le médecin ou encore des visites à l’urgence.(4)

Alors que beaucoup associent la goutte au fait d’être en surpoids — et cela en augmente le risque (5) — la goutte est également liée à une maladie rénale (6), au fait de boire de grandes quantités d’alcool (7) et de manger des aliments qui sont riches en purines (par exemple, la viande, les fruits de mer, les petits pois, les haricots, les lentilles, et les épinards).(8) Le risque de développer la maladie augmente avec l’âge et les hommes sont plus à risque que les femmes.(1 ; 2)

De nouvelles recherches ont exploré les meilleurs moyens de traiter une crise de goutte.

Ce que la recherche nous apprend

Les résultats d’une revue systématique — qui s’alignent sur les recommandations d’un guide de pratique destiné aux médecins — ont déterminé que plusieurs médicaments sont efficaces pour réduire la douleur d’une crise de goutte, mais chacun comporte des effets secondaires spécifiques. Alors que la colchicine réduit la douleur causée par la goutte, même à faibles doses, ses effets secondaires communs incluent de la diarrhée, des nausées, des vomissements et des crampes.(3 ; 9) La comparaison de différents anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) entre eux (3) ou aux stéroïdes (3 ; 10) a montré une efficacité similaire dans la réduction de la douleur. Toutefois, les stéroïdes produisent moins d’effets secondaires liés à l’estomac et aux intestins, alors que les AINS provoquent moins de problèmes de peau tels que des éruptions cutanées.(3 ; 9)

En plus du soulagement de la douleur, on a constaté que certains médicaments comme le fébuxostat et l’allopurinol peuvent abaisser les niveaux d’urate et prévenir de futurs épisodes de goutte lorsqu’ils sont utilisés à long terme.(3) Un médecin peut recommander ce traitement pour les personnes qui ont fréquemment des problèmes de goutte. Ces médicaments ne devraient toutefois pas être utilisés après une attaque de goutte ou chez les personnes qui n’ont pas souvent la goutte.(3 ; 9)

Les données actuelles ne soutiennent pas les traitements non médicamenteux comme la médecine traditionnelle chinoise et les changements dans les habitudes de vie et l’alimentation.(3)

Si la goutte fait une apparition indésirable dans votre vie, discutez avec votre professionnel de soins de santé du traitement qui vous convient le mieux. Vous devriez parler des avantages, des risques et des coûts de chaque médicament, et ce, à la lumière de vos propres préférences.

Ressources en vedette


À Propos des Auteurs

Références

  1. Mayo Clinic. Gout [Internet]. Mayo Clinic, 2018. Disponible en ligne en anglais : https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/gout/symptoms-causes/syc-20372897 
  2. Choy G, MacMullan P. Qu’est-ce que la goutte? [Internet]. Société Athrite, 2018. Disponible en ligne : https://www.arthrite.ca/about-arthritis/arthritis-types-(a-z)/types/gout
  3. Shekelle PG, Newberry SJ, FitzGerald, JD, et coll. La gestion de la goutte: une revue systématique à l'appui du guide de pratique clinique de l'American College of Physicians. Ann Intern Med. 2017; 166(1):37-51. doi: 10.7326/M16-0461. 
  4. Li C, Martin BC, Cummins DF, et coll. Ambulatory resource utilization and cost for gout in United States. AJMC. 2013. Disponible en ligne en anglais: https://www.ajmc.com/journals/issue/2013/ajpb_marapr2013/ambulatory-resource-utilization-and-cost-for-gout-in-united-states
  5. Choi HK, Atkinson K, Karlson EW, et coll. Obesity, weight change, hypertension, diuretic use, and risk of gout in men: The health professional’s follow-up study. Arch Intern Med. 2005; 165(7):742-748.
  6. Krishnan E. Chronic kidney disease and the risk of incident gout among middle-aged men: A seven-year prospective observational study. Arthritis Rheum. 2013; 65(12):327-328. doi: 10.1002/art.38171.
  7. Choi HK, Atkinson K, Karlson EW, et coll. Alcohol intake and risk of incident gout in men: A prospective study. Lancet. 2004; 363(9417):1277-1281. 
  8. Choi HK, Atkinson K, Karlson EW, et coll. Purine-rich foods, dairy and protein intake, and the risk of gout in men. N Engl J Med. 2004; 350(11):1093-1103. 
  9. Qaseem A, Harris RP, Forciea MA, et coll. La gestion de la goutte aiguë et récurrente: guide de pratique clinique de l'American College of Physicians. Ann Intern Med. 2017; 166(1):58-68. doi: 10.7326/M-0570. 
  10. Billy CA, Lim RT, Ruospo M, et coll. Les corticostéroïdes ou anti-inflammatoires non stéroïdiens pour le traitement de la goutte aiguë: une revue systématique des essais contrôlés randomisés. J Rheum. 2018; 45(1). 

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