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Vous souffrez de brûlures d'estomac? Évitez de consommer des médicaments inhibiteurs de la sécrétion d'acide

Les messages clés

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont largement prescrits pour des problèmes gastro-intestinaux courants y compris les brûlures d’estomac découlant du reflux gastrique, mais beaucoup de gens peuvent en toute sécurité réduire ou arrêter la consommation de ce médicament.
  • Les résultats provenant de recherches médicales recommandent la prescription des IPP à la dose la plus faible et pour la plus courte durée nécessaire.
  • Les personnes qui prennent des IPP doivent être évaluées régulièrement afin de voir si les médicaments peuvent être interrompus.
  • Des moyens efficaces pour arrêter la consommation des IPP comprennent l’éducation des patients et la réduction progressive du médicament.

Souffrez-vous de problèmes gastriques (gastro-intestinaux) vous causant des brûlures d’estomac? Trouver des options de traitement qui fonctionnent peut vous apporter un grand soulagement. Peut-être gardez-vous  sous la main des comprimés, des pilules ou des médicaments liquides en vente libre. Ou peut-être, comme des millions de Nord-Américains, vous êtes passés à un type de médicaments sous ordonnance plus forts appelés des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP).


Les IPP agissent en réduisant la quantité d’acide que l’estomac produit. Chez les personnes souffrant d'ulcères gastriques ou de reflux gastro-œsophagien (RGO), les propriétés antiacides des IPP aident à la guérison des ulcères et à la prévention des dommages  à l’oesophage. Ils remplissent bien leur fonction, c’est pourquoi ils sont de plus en plus prescrits pour des problèmes gastro-intestinaux courants comme les brûlures d’estomac. Les IPP – par exemple, l'ésoméprazole (Nexium), l'oméprazole (Prilosec) et le lansoprazole (Prevacid) – sont parmi les  médicaments  les plus prescrits dans le monde (1).


Mais cette tendance pourrait tirer à sa fin car de plus en plus de professionnels de la santé prennent des mesures pour arrêter la surprescription des IPP, qui représente des milliards de dollars en coût de médicaments (2). Les medias ont également beaucoup parlé des dommages possibles attribuables aux IPP. On constate que les personnes qui prennent des IPP sont plus susceptibles d’avoir des infections gastro-intestinales,(3) mais il est possible que d'autres dommages potentiels ne se produisent pas (4).


Néanmoins, Dr Paul Moayyedi – Directeur de la division de gastroentérologie à l’Université McMaster – fait observer que ces études soulignent, « Qu'on ne peut jamais être assuré qu'un médicament soit sans danger. Il est important de ne pas prendre de médicaments dont on n'a pas vraiment besoin ».


Cette prise de conscience au sujet des dommages potentiels des IPP et de leur surprescription a réorienté les recherches pour trouver des moyens sûrs et efficaces d'amener les gens à ne plus consommer ce type de médicaments (5).


Ce que la recherche nous apprend

Les données probantes issues de la recherche révèlent qu'on prescrit des IPP inutilement à beaucoup de gens et à des doses trop élevées (5). La conscientisation et l'éducation – c'est-à-dire informer les gens au sujet des risques associés aux IPP – est une première étape pour cesser la consommation du médicament. La réduction progressive du médicament est recommandée comme un moyen sûr d'y parvenir (5). Cela peut permettre d’éviter un « rebond » inconfortable du reflux acide qui peut se produire lorsque le sevrage des médicaments inhibiteurs de la sécrétion acide se fait trop rapidement (6).


L'utilisation appropriée des IPP est bénéfique dans le traitement de certaines maladies. Cependant Santé Canada recommande qu'ils soient prescrits à la dose la plus faible et pour la plus courte durée nécessaire pour traiter le problème (7). Dr Moayyedi estime que la plupart des patients peuvent en toute sécurité réduire ou arrêter leur consommation d’IPP. « L’exception à cette règle concerne ceux qui souffrent d'une maladie appelée l'œsophage de Barrett et certains patients qui ont eu auparavant des saignements gastriques ou un ulcère du duodénum (ou courent un grand risque d’en avoir). »


Que cela signifie-t-il pour les gens confrontés à des épisodes fréquents – mais néanmoins pénibles – de brûlures d’estomac? Tout d’abord, consultez votre médecin ou votre pharmacien pour savoir si le médicament que vous prenez contre les brûlures d’estomac ou les ulcères est un IPP. Dans l’affirmative, décidez ensemble si vous pouvez diminuer la consommation du  médicament et, le cas échéant, comment le faire.


Des solutions plus sûres peuvent inclure quelques changements dans les habitudes de vie (par exemple, changer ses habitudes alimentaires, sa consommation de boissons alcoolisées et sa position lors du sommeil) avec des comprimés et des pilules de médicaments antiacides en vente libre (au besoin).


Ce n'est peut-être pas une solution miracle, mais cela fonctionne (8) et quel soulagement de savoir que vous ne vous exposez pas à de nouveaux problèmes de santé.

Ressources en vedette

Évaluation de ressources Web: Les options de traitement pour le reflux gastro-oesophagien

Évaluation de ressources Web: Le reflux gastro-esophagien: traitements et médicaments

Évaluation de ressources Web: Les ulcères peptiques: traitement


À Propos des Auteurs
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Références

  1. Haastrup P, Paulsen MS, Begtrup LM et al. Rapidly increasing prescribing of proton pump inhibitors in primary care despite interventions: A nationwide observational study. Eur J Gen Pract. 2014; 20(4):290-293. doi:10.3109/13814788.2014.905535.
  2. Forgacs I, Loganayagam A. Overprescribing proton pump inhibitors. BMJ. 2008; 336(7634):2-3. doi: 10.1136/bmj.39406.449456.BE.
  3. Leonard J. Marshall JK. Moayyedi P. Systematic review of the risk of enteric infection in patients taking acid suppression.  American Journal of Gastroenterology 2007; 102: 2047-56.
  4. Moayyedi P, Leontiadis GI.  The risks of PPI therapy.  Nature Reviews of Gastroenterology & Hepatology 2012; 9: 132-9.
  5. Haastrup P, Paulsen MS, Begtrup LM et al. Strategies for discontinuation of proton pump inhibitors: A systematic review.  Fam Pract. 2014; 31(6):625-630. doi: 10.1093/fampra/cmu050.  
  6. Reimer C, Sondergaard B, Hilstead L et al. Proton pump inhibitor therapy induces acid-related symptoms in healthy volunteers after withdrawal of therapy. Gastroenterology. 2009; 137(1):80-87. doi: 10.1053/j.gastro.2009.03.058.
  7. Santé Canada. Résumé de l’examen de l’innocuité – Inhibiteurs de la pompe à protons – Évaluation du risque potentiel d’infection à Clostridium difficile [Internet] 2016. [cité en mars 2017]. Disponible en ligne : http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/medeff/reviews-examens/ppi-ipp-fra.php
  8. Tran T, Lowry AM, El-Serag HB. Meta-analysis: The efficacy of over-the-counter gastro-oesophageal reflux disease therapies. Aliment Pharmacol Ther. 2007; 25(2):143-153

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