L’insécurité alimentaire désigne un accès insuffisant ou incertain à des aliments adéquats, principalement en raison d’un manque de ressources financières ou d’un accès limité à un système alimentaire durable. Elle représente un enjeu croissant de santé publique au Canada. On estime que 12,7% des ménages au pays ont vécu de l’insécurité alimentaire en 2017-2018, et plusieurs experts soutiennent que sa prévalence réelle chez les personnes aînées est probablement sous-estimée.1
Pour les personnes aînées, l’insécurité alimentaire dépasse largement le simple fait de manquer un repas. À long terme, elle peut mener à la malnutrition, à la fragilité et à une détérioration de l’état de santé. Comme les personnes aînées peuvent vivre l’insécurité alimentaire différemment des autres groupes d’âge, il est essentiel d’en comprendre les causes, les conséquences et les solutions possibles afin d’offrir des programmes, du soutien communautaire et des politiques adaptés, ainsi que de fournir des conseils pratiques permettant à chaque personne aînée de vivre dans la dignité et avec une alimentation suffisante.
Ce que la recherche nous apprend
Une synthèse des recherches menées au Canada et aux États-Unis a mis en évidence quatre caractéristiques clés de l’insécurité alimentaire chez les personnes aînées, notamment : 1
- ne pas être capable d’obtenir ou de préparer suffisamment de nourriture (par exemple, ne pas avoir les moyens financiers ou manquer d’aide);
- faire des compromis sur la qualité ou les préférences alimentaires (par exemple, être incapable de se procurer les aliments requis pour bien gérer un problème de santé;);
- vivre de l’anxiété ou de l’incertitude quant à la capacité d’obtenir ou de préparer des aliments;
- recourir à des stratégies perçues comme stigmatisantes pour obtenir de la nourriture, par exemple utiliser des comptoirs ou banques alimentaires, ou solliciter de l’aide financière auprès d’autrui.
Les constats ci-dessus montrent que des facteurs sociaux, fonctionnels et liés à la santé influencent l’expérience de l’insécurité alimentaire chez les personnes aînées au Canada. Il n’est donc pas surprenant qu’une autre synthèse ait conclu que la sécurité alimentaire à un âge avancé nécessite une approche coordonnée, mobilisant des politiques provenant de divers secteurs et à différents paliers.2 Cette synthèse indique qu’une approche globale pour lutter contre l’insécurité alimentaire chez les personnes aînées doit tenir compte des éléments suivants :
- les facteurs individuels (par exemple, l’âge, le genre, l’état de santé, la composition du ménage et le revenu);
- les facteurs institutionnels (par exemple, l’accès à une assurance maladie et l’utilisation des services de santé);
- les facteurs communautaires (par exemple, le climat, les caractéristiques du voisinage et les milieux urbains ou ruraux).
Ce que les personnes aînées peuvent faire
Participez à des cuisines collectives
- Joindre ou créer votre propre cuisine collective peut être une excellente façon de faire face à l’insécurité alimentaire tout en renforçant les liens avec votre communauté.
- Communiquez avec votre municipalité, centre communautaire ou organisme pour personnes aînées afin de vérifier si une cuisine collective existe près de chez vous. Si ce n’est pas le cas, envisagez d’en démarrer une avec des voisins ou des amis.
Cuisinez avec confiance en développant vos compétences
- Participer à des ateliers ou à des formations pour acquérir des compétences comme la planification des repas, l’achat économique ou la préparation de repas sains peut vous aider à découvrir de nouvelles techniques ou à adapter des recettes à votre mode de vie et à vos besoins, et ce, même si vous cuisinez déjà !
Réduisez le gaspillage alimentaire pour économiser et lutter contre l’insécurité alimentaire
- En planifiant vos repas, en achetant seulement ce dont vous avez besoin et en conservant adéquatement les aliments, vous pouvez réduire le gaspillage alimentaire et, du même coup, économiser de l’argent.
- Partager ou congeler les restes, et surveiller les dates d’expiration ou de « meilleur avant », sont aussi d’excellents moyens de tirer le maximum de vos aliments.


