Imaginez le scénario suivant : vous ressentez une douleur sourde entre le bas de vos côtes et le haut de vos fesses, région qu’on appelle familièrement les reins. Vous ne savez pas vraiment ce qui l’a provoquée et elle ne semble pas vouloir s’atténuer. Au contraire, elle s’est propagée à vos jambes et vous empêche de mener vos activités quotidiennes, comme vous habiller seul, cuisiner ou participer à des événements sociaux. En conséquence, vous vous sentez déprimé et stressé. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce à quoi peut ressembler une lombalgie, communément un tour de reins, et de l’impact que cela peut avoir sur notre qualité de vie (1 ; 2).
La lombalgie est une des principales causes d’invalidité dans le monde (1). Si nous avons de la chance, elle est de courte durée et dure moins de six semaines ; on parle alors de lombalgie aiguë. Malheureusement, la douleur s’étend parfois au-delà de cette durée et dure de six à douze semaines, ce qu’on appelle une lombalgie subaiguë, ou plus de douze semaines, ce qu’on appelle une lombalgie chronique (1 ; 2). Quelle que soit la durée, ce qui peut surprendre certaines personnes, c’est que nous ne connaissons pas la cause précise de la douleur dans environ 90 % des cas (1). C’est ce qu’on appelle une lombalgie commune ou non spécifique (1 ; 2).
Bien que la cause reste souvent inconnue, il existe des stratégies visant à réduire la douleur et à améliorer la fonction. Parmi celles-ci figurent des options non médicamenteuses et non chirurgicales, telles que l’acupuncture, les conseils, l’exercice physique, les thérapies psychologiques et les approches multidisciplinaires, qui constituent généralement les premières options thérapeutiques recommandées (2). Avec plus de 840 millions de personnes qui devraient être touchées par la lombalgie d’ici 2050, nous devons mieux comprendre ce que les personnes qui en souffrent peuvent ajouter à la panoplie de leurs traitements (1 ; 2). Pour en savoir plus, examinons une revue systématique qui a étudié l’efficacité des stratégies non médicamenteuses et non chirurgicales chez les adultes souffrant de lombalgie commune (2).
Ce que la recherche nous apprend
Cette revue systématique révèle que plusieurs stratégies non médicamenteuses et non chirurgicales peuvent s’avérer efficaces pour réduire les lombalgies et améliorer la fonction physique dans une mesure modérée à importante. Cependant, l’efficacité varie en fonction du sous-type de lombalgie et du critère d’évaluation considéré. Voici un aperçu des principaux résultats cliniques positifs :
- Chez les adultes souffrant de lombalgie aiguë (dure moins de six semaines), les conseils les encourageant à rester actifs réduisent probablement la douleur et améliorent la fonction par rapport aux conseils les incitant à rester alités. Les bienfaits persistent jusqu’à trois mois.
- Chez les adultes souffrant de lombalgie subaiguë (dure de six à douze semaines), les thérapies multidisciplinaires réduisent probablement la douleur par rapport aux soins habituels. Les thérapies multidisciplinaires abordent les aspects psychologiques, physiques et sociaux associés à la lombalgie et sont offertes par une équipe diversifiée de professionnels de santé spécialisés dans différents domaines. Les bienfaits sont observés pendant un an ou plus.
- Chez les adultes souffrant de lombalgie chronique (dure plus de douze semaines), l’acupuncture, l’exercice physique et les thérapies multidisciplinaires réduisent probablement la douleur et améliorent la fonction par rapport à un placebo, pas de traitement ou aux soins habituels. Les thérapies psychologiques, telles que celles qui traitent la relaxation musculaire, la peur et la prise en charge de son état, réduisent aussi probablement la douleur par rapport aux soins habituels. Les bienfaits sont observés entre trois mois et un an.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre l’efficacité des autres stratégies non médicamenteuses et non chirurgicales, ainsi que leurs conséquences en matière d’innocuité (2).
Si vous souffrez de lombalgie, quelle qu’en soit la nature, consultez votre équipe soignante pour connaître les avantages et les inconvénients des stratégies offertes et élaborer un plan de traitement et de prise en charge sur mesure. N’oubliez pas que le fait d’avoir le choix vous permet de sélectionner la solution la mieux adaptée à vos besoins et à vos préférences.


