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Itinérance : brisons le cycle

Les messages clés

  • L’itinérance englobe différentes situations qui vont de vivre dans la rue à dormir dans des refuges d’urgence, des logements provisoires ou chez des amis.
  • Les causes de l’itinérance découlent d’une combinaison de facteurs individuels, sociaux et structurels.
  • Les adultes itinérants sont sujets à un vieillissement plus accéléré, ont une moins bonne santé globale et meurent plus jeunes.

La population mondiale vieillit. Depuis plusieurs années, on encourage les aînés à vieillir chez dans leur domicile (ou « vieillir chez soi ») pour maintenir leur sentiment d’appartenance, le soutien social et leur santé globale. Toutefois, cette vision ne tient pas compte des adultes âgés, de plus en plus nombreux, qui ne vivent pas dans un environnement favorable ou qui sont carrément sans domicile fixe.

Selon une enquête menée aux États-Unis, plus de 15 % des 634 000 personnes sans domicile sont âgées de 50 ans ou plus.(1) Au Canada, près du quart des personnes qui dorment dans les refuges pour sans-abri ont 50 ans et plus.(2) Et ce phénomène s’accélère…

Les raisons qui mènent les gens vers l’itinérance sont nombreuses : faible disponibilité de logements abordables, diminution des programmes d’aide sociale et de soutien, précarité financière et perte d’emploi, difficulté d’accès au marché du travail, problèmes de santé mentale, dépendances, décès d’un proche... Qu’ils dorment dans des voitures ou des parcs, dans des abris d’urgence ou temporaires, les itinérants sont plus susceptibles de souffrir de maladies liées au vieillissement, de déficiences fonctionnelles, auditives, visuelles et neurologiques, de fragilité et de détresse émotionnelle. En effet, la rue les vieillit prématurément : ils sont considérés comme étant âgés dès 50 ans, car ils souffrent à un plus jeune âge de problèmes physiques, cognitifs et psychologiques comme l’Alzheimer, l’arthrite et la démence.

Quels sont les besoins et les défis des adultes âgés itinérants ?

Ce que la recherche nous apprend

Une récente revue systématique a recensé sept études portant sur cette question.(1) Trois thèmes principaux ont été identifiés :

1- Les facteurs qui mènent vers l’itinérance

Il existe deux parcours menant vers l’itinérance : la voie rapide ou la voie graduelle. La voie rapide concerne les aînés qui ont été confrontés à des pertes soudaines et une disparition brusque du soutien social comme le décès d’un être cher ou un divorce.

Les facteurs qui mènent vers une itinérance graduelle sont, par exemple, des problèmes de dépendance ou de santé physique et mentale, des ruptures familiales ou amoureuses, la pauvreté, le chômage, le logement précaire, l’éloignement géographique, etc. Ces personnes n’ont pas accès à du soutien social pour les aider à faire face à leur détresse, perdent leur logement et se retrouvent dans la rue.

2- Les effets de l’itinérance

Les itinérants âgés ont des besoins physiques, émotionnels et sociaux non comblés, ce qui exacerbe le déclin lié au vieillissement. En effet, le fait de ne pas avoir de domicile stable et de manquer de liens sociaux est associé à des troubles cognitifs, à la stigmatisation, à la honte, au stress, à l’anxiété et à la dépression. Du fait de leur solitude, du manque de soutien et d’un état de santé physique et psychologique fragilisé, ces personnes éprouvent davantage de difficulté à faire face aux réalités de la vie.

3- Se sortir du cycle de l’itinérance

Certains adultes âgés réussissent à briser le cycle de l’itinérance.

On sait qu’un logement stable favorise généralement la santé physique et le bien-être général. Les itinérants ont eux aussi besoin d’avoir une certaine stabilité, de se sentir en sécurité et d’être autonomes, ce qui n’est pas possible s’ils doivent constamment changer de refuge ou dormir dans des environnements défavorables. Par ailleurs, les refuges ne sont pas adaptés à leurs réalités : le manque d’intimité et d’autonomie, les règles rigides et les relations interpersonnelles difficiles ne leur permettent pas de se sentir chez eux et d’obtenir les services dont ils ont besoin. En plus d’un logement sûr, il faut envisager un accès plus facile à de la nourriture, à des services de soins de santé satisfaisants et à du soutien financier.

Qu’ils réussissent à se sortir de la rue ou non, les itinérants âgés font preuve d’une grande résilience et cherchent un sens à leur vie, souvent par le biais de la religion, afin d’améliorer leur bien-être.

Ne détournons plus le regard

Vous connaissez peut-être quelqu’un qui vit une précarité financière et de logement ? Informez-vous au sujet des ressources d’urgence disponibles auprès de travailleurs sociaux, de professionnels de la santé ou sur les sites Web gouvernementaux.

Vous souhaitez offrir votre soutien aux personnes itinérantes ? Devenez bénévole dans les refuges pour sans-abri, faites des dons de vêtements ou de denrées, ou encore joignez-vous à l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance.

 


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Références

  1. Om P, Whitehead L, Vafeas C, Towell-Barnard A. A qualitative systematic review on the experiences of homelessness among older adults. BMC Geriatrics, 2022, 22 (1), 363.
  2. Gaetz S, Dej E, Richter T, Redman M. The state of homelessness in Canada 2016. Toronto : Canadian Observatory on Homelessness Press, 2016.

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