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12 étapes vers la désintoxication : La participation à des programmes de soutien peut-elle aider à lutter contre les troubles liés à la consommation d’alcool ?

Les messages clés

  • Environ six millions de Canadiens sont considérés comme des buveurs excessifs, un comportement qui peut entraîner des troubles liés à la consommation d'alcool et qui est associé à une incapacité et à une mort précoce.  
  • Des programmes de rétablissement et de soutien tels que les Alcooliques anonymes (AA) et des interventions similaires de facilitation en douze étapes (FDE) sont disponibles pour aider les personnes aux prises avec l’abus d’alcool et la dépendance. 
  • Par rapport à d'autres traitements généralement reconnus comme la thérapie cognitivo-comportementale, les programmes standardisés des AA/FDE sont plus efficaces pour augmenter l'abstinence et peuvent être tout aussi efficaces pour réduire les conséquences liées à l'alcool. 
  • Envisagez d’explorer un groupe de soutien des AA dans votre communauté ou de consulter un prestataire de soins de santé pour obtenir des conseils sur les programmes de soutien au rétablissement disponibles. 
  • Suggérez des programmes de soutien au rétablissement à vos proches aux prises avec un trouble lié à la consommation d’alcool. 

Soupers, mariages, vacances et soirées entre amis. Ce ne sont là que quelques exemples d’activités courantes qui occasionnent ou encouragent souvent la consommation d’alcool. Mais quelle est l’importance de la culture de la consommation d’alcool au Canada ? Eh bien, on estime que 80 % des Canadiens consomment de l’alcool (1). Parmi ceux qui boivent, près de six millions s’adonnent à une consommation d’alcool excessive (2). Chez les femmes, cela se traduit par la consommation de quatre boissons alcoolisées ou plus au cours d’un même événement, au moins une fois par mois, tandis que chez les hommes, ce nombre est de cinq verres ou plus (3). Une consommation excessive d’alcool peut entraîner le développement d’un trouble lié à la consommation d’alcool, un état comportemental qui entraîne des problèmes cognitifs, émotionnels et physiques qui augmentent l’incapacité et diminuent l’espérance de vie (4-7).


Il existe un large éventail d’options de traitement, telles que des médicaments, des thérapies psychologiques et des programmes de soutien au rétablissement, pour aider les personnes aux prises avec l’abus d’alcool et la dépendance à l’alcool à atteindre et à maintenir l’abstinence (4 ; 6). Les programmes de soutien au rétablissement sont particulièrement intéressants, car ils sont largement disponibles et souvent offerts à coût faible ou sans frais (6 ; 8 ; 9). Les Alcooliques Anonymes (AA), un programme de groupe en 12 étapes qui se concentre sur le soutien entre pairs et qui est dispensé dans un cadre communautaire est un exemple de ce type de service (6 ; 10). Au fil du temps, les AA ont inspiré le développement de programmes de facilitation en douze étapes (FDE) dirigés par des professionnels dont l’objectif principal est de mettre les gens en contact avec des groupes des AA de leur communauté (6 ; 11).


Nous savons que ces types de programmes sont populaires. Alors, devriez-vous vous joindre aux millions de personnes qui les utilisent ou recommander leur utilisation à vos proches ? Une revue systématique récente s’est attelée à la tâche d’évaluer les effets de ces programmes chez les personnes aux prises avec des troubles liés à la consommation d’alcool, l’abus d’alcool ou la dépendance à l’alcool (6).


Ce que la recherche nous apprend

On constate que les personnes s’engageant dans des programmes de facilitation en douze étapes dirigés soit par des pairs soit par des professionnels et qui suivent des directives standardisées pour leur exécution sont de 3 % à 42 % plus susceptibles de s’abstenir de consommer de l’alcool que les personnes utilisant d’autres traitements reconnus, tels que la thérapie cognitivo-comportementale (p. ex., la TCC). Ces programmes AA/FDE peuvent également être aussi efficaces que d’autres traitements reconnus — tels que la TCC — pour réduire les conséquences liées à l’alcool (par exemple, les impacts mentaux, physiques et sociaux). En outre, les programmes AA/FDE peuvent potentiellement être plus bénéfiques ou tout aussi bénéfiques pour des résultats tels que le pourcentage de jours d’abstinence (à long terme), l’intensité de la consommation d’alcool (par exemple, les boissons consommées par jour ou le pourcentage de jours de forte consommation) et la gravité de la dépendance. Cependant, notre confiance dans les conclusions pour ces trois derniers résultats est assez faible compte tenu du petit nombre d’études et du petit nombre de participants, de sorte que des recherches supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir tirer des conclusions plus solides.


Ces résultats, associés à la probabilité que les programmes de soutien communautaire soient plus facilement accessibles que d’autres options de traitement, mettent en lumière pourquoi les AA et les interventions similaires sont effectivement populaires et méritent d’être essayées ou suggérées à un proche (6). Si vous avez personnellement besoin de soutien, demandez à votre prestataire de soins de santé des suggestions de programmes ou recherchez en ligne ceux qui sont disponibles dans votre communauté. Vous constaterez peut-être que de nombreux programmes en personne ont été annulés en raison de la pandémie de COVID-19 en cours. Toutefois, nombre d’entre eux sont offerts virtuellement par le biais de plateformes comme Zoom.

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Références

  1. Gouvernement du Canada. Alcohol. Internet [2020]. [consulté en janvier 2021]. Disponible en ligne : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/dependance-aux-drogues/consommation-problematique-alcool.html 
  2. Statistique Canada. Consommation abusive d'alcool, selon le groupe d'âge. Internet [2021]. [consulté en janvier 2021]. Disponible en ligne  https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1310009611     
  3. Statistique Canada. Feuillets d'information de la santé : Consommation abusive d'alcool, 2018. Internet [2019]. [consulté en janvier 2021]. Disponible en ligne : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-625-x/2019001/article/00007-fra.htm 
  4. Minozzi S, Saulle R, Rösner S. Baclofen pour les troubles liés à la consommation d'alcool. Cochrane Database Syst Rev. 2018; 11:CD012557. doi: 10.1002/14651858.CD012557.pub2. 
  5. American Psychiatric Association. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. 5th Edition. Washington, DC: American Psychiatric Association, 2013. 
  6. Kelly JF, Humphreys K, Ferri M. Alcooliques anonymes et autres programmes en 12 étapes pour les troubles liés à la consommation d'alcool. Cochrane Database Syst Rev. 2020; 3:CD012880. doi: 10.1002/14651858.CD012880.pub2.      
  7. Stahre M, Roeber J, Kanny D, et coll. Contribution of excessive alcohol consumption to deaths and years of potential life lost in the United States. Prev Chronic Dis. 2014; 11:E109. doi: 10.5888/pcd11.130293.
  8. White WL, Kelly JF, Roth JD. New addiction recovery support institutions: Mobilizing support beyond professional addiction treatment and recovery mutual aid. J Groups Addict Recover. 2012; 7(2-4):297-317. doi: 10.1080/1556035X.2012.705719.  
  9. Alcoholics Anonymous. Alcoholics Anonymous: The story of how thousands of men and women have recovered from alcoholism. 4th edition. New York (NY): Alcoholics Anonymous World Services, 2001.
  10. Kelly JF, McCrady BS. Twelve-step facilitation in non-specialty settings. In: Research on alcoholism: Alcoholics Anonymous and spiritual aspects of recovery. New York, NY: Springer, 2009:797-836.
  11. Humphreys K. Professional interventions that facilitate 12-step self-help group involvement. Alcohol Res Health. 1999; 23(2):93-98.

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