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Si je ris trop, je vais faire pipi dans mon pantalon ! L'isolement social et l’incontinence urinaire : il existe plusieurs traitements efficaces

Les messages clés

  • L’incontinence est liée à l'isolement social.
  • L’éducation est la clé pour vous renseigner sur les facteurs de risque réversibles qui contribuent à la fuite urinaire.
  • Si vous éprouvez l’incontinence parlez-en à un professionnel de la santé et il vous dirigera vers le traitement le plus approprié.
  • Il existe de nombreux traitements efficaces de l’incontinence qui ne font pas appel aux médicaments ni à la chirurgie.

Avez-vous déjà entendu quelqu'un dire : « Si je ris trop fort, je risque de faire pipi dans mon pantalon ! » ?  Cette affirmation bien connue provient de la difficulté de nombreuses personnes, femmes et hommes, à contrôler leur vessie en vieillissant. Toute perte involontaire d’urine, si petite soit-elle, peut être appelée de l'incontinence urinaire. L’incontinence n’est malheureusement pas un sujet de rigolade pour plus d'un demi-million d'aînés canadiens (1).

Souvent stigmatisé et considéré comme un sujet tabou, peu de gens confient avec aisance le fait qu’ils doivent porter des protections absorbantes dans leurs sous-vêtements pour se protéger contre la perte urinaire, ou qu’ils dégouttent sur le chemin des toilettes. Pire encore, se réveiller dans son lit et trouver les draps trempés d’urine peut être dévastateur. C’est particulièrement un problème si vous avez un partenaire de lit, ou en cas d’incontinence pendant les rapports sexuels. Le traumatisme de mouiller son pantalon en public n’est pas facile à effacer de la mémoire. La solution pour de nombreuses personnes est de rester seules à la maison et elles s’isolent socialement afin d’éviter la honte publique. 

Un rapport récent de Statistique Canada (1) indique que 53 % des femmes âgées atteintes d’incontinence déclarent être esseulées contre 38 % de celles qui ne sont incontinentes. Chez les hommes, 34 % de ceux qui sont atteints d'incontinence admettent se sentir seuls, comparativement à 24 % de ceux qui ne sont pas incontinents. La solitude et l’isolement social peuvent conduire à la dépression, à un niveau de stress accru et à des troubles du sommeil. 

Le traitement de l’incontinence peut vraiment faire une différence !

La tragédie est que l’incontinence se traite à tout âge, mais peu de gens le savent. La première étape du traitement est l’éducation. Changer la croyance selon laquelle l’incontinence n’est PAS une partie normale du vieillissement est très important (2). L'organisation par le centre communautaire local d'une conférence publique sur l’incontinence est utile pour convaincre les personnes âgées souffrant d’incontinence d’appliquer des stratégies fondées sur des données probantes pour réduire les facteurs de risque de fuite (2 ; 3). Déboulonner le mythe que l’incontinence est un secret honteux, avec lequel on doit vivre, encourage aussi la demande d’aide auprès d'un professionnel pour ce problème (2 ; 3). Réduire la consommation de caféine, pratiquer des exercices de musculation du plancher pelvien (souvent appelés exercices de Kegel) et perdre du poids sont des stratégies qui peuvent être appliquées pour améliorer les symptômes d’incontinence (4-7). Si vous pensez que les personnes très âgées ne peuvent pas être guéries, voici la preuve qu’une femme de quatre-vingt-dix-huit ans a été guérie en recourant à des solutions simples : elle a limité le nombre de boissons contenant de la caféine qu'elle consommait (la caféine stimule la contraction de la vessie) et a effectué des exercices de renforcement des muscles du plancher pelvien tous les jours pendant 6 mois (4). Ce n’est peut-être pas à la portée de tous, mais si vous n’essayez pas vous ne le saurez jamais !

Un outil pour évaluer et gérer l'incontinence

Il y a plusieurs outils d’autoprise en charge de l’incontinence urinaire et on trouve un lien vers un d'entre eux sur le site Web de McMaster.  Il est disponible gratuitement si vous souhaitez savoir quels sont vos facteurs de risque pour l'incontinence (cliquez ici) (8). L’outil fournira des suggestions sur la façon d’améliorer votre situation en se basant sur les données scientifiques les plus récentes. De façon encore plus efficace, pourquoi ne pas inciter votre organisme communautaire local à donner une conférence publique sur l’incontinence ; ce serait une bonne occasion de distribuer l’outil d’autoprise en charge à tous ceux qui y assisteraient. Cette approche communautaire semble être très utile pour montrer aux gens qu’il existe de nombreuses solutions. Un essai clinique récent a démontré qu’une approche communautaire est efficace pour réduire les symptômes urinaires chez la moitié des femmes âgées souffrant d’incontinence (3). Alternativement, si vous éprouvez de l’incontinence, parlez-en immédiatement à un professionnel de la santé, un physiothérapeute ou un infirmier spécialisé en incontinence. Plusieurs maladies ne sont pas guérissables quand nous vieillissons, mais l’incontinence l'est !  Ne serait-il pas génial d’être en mesure de rire librement sans vous soucier de votre pantalon ?


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À Propos des Auteurs

Références

  1. Ramage-Morin PL, Gilmour H. Urinary incontinence and loneliness in Canadian seniors. Health Rep 16 oct.2013;24(10):3-10.
  2. Tannenbaum C, Drali R, Holroyd-Leduc J, Richard L. Lessons learned: impact of a continence promotion activity for older community-dwelling women. Neurourol Urodyn 2010 Apr;29 (4):540-4.
  3. Tannenbaum C, Agnew R, Benedetti A, Thomas D, van den Heuvel E. Effectiveness of continence promotion for older women via community organisations: a cluster randomised trial. BMJ Open 2013;3(12):e004135.
  4. Tannenbaum C, Bachand G, DuBeau CE, Kuchel GA. Experience of an incontinence clinic for older women: no apparent age limit for potential physical and psychological benefits. J Womens Health Gend Based Med Oct 2001;10 (8):751-6.
  5. Tannenbaum C, Brouillette J, Corcos J. Rating improvements in urinary incontinence: do patients and their physicians agree? Age Ageing Juillet 2008;37(4):379-83.
  6. Dumoulin C, Hay-Smith J. Pelvic floor muscle training versus no treatment, or inactive control treatments, for urinary incontinence in women.Cochrane Database Syst Rev 2010; (1):CD005654.
  7. Shamliyan T, Wyman JF, Ramakrishnan R, Sainfort F, Kane RL. Benefits and harms of pharmacologic treatment for urinary incontinence in women: a systematic review.Ann Intern Med 19 juin 2012;156(12):861-10.
  8. Holroyd-Leduc JM, Straus S, Thorpe K, Davis DA, Schmaltz H, Tannenbaum C. Translation of evidence into a self-management tool for use by women with urinary incontinence. Age Ageing 2011 Mar;40(2):227-33.

AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ: Les billets du blogue sont présentés à titre informatif seulement. Ils ne remplacent pas les conseils de vos propres professionnels de la santé.

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