Lorsque le Dr Hertzel Gerstein parle du diabète, il tient avant tout à transmettre un message aux personnes qui vivent avec cette maladie : « Ce n’est pas votre faute. »
Le Dr Gerstein est endocrinologue à l’Université McMaster et titulaire de la Chaire de recherche sur le diabète du Population Health Research Institute. Dans une courte vidéo publiée sur le Portail, il explique que le diabète résulte d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Il ne s’agit pas d’un échec personnel.
Ce message est important, car la culpabilité ne fait pas diminuer la glycémie. En revanche, de l'information fiable et un soutien adéquat peuvent faire toute la différence.
Au Canada, près d’un adulte sur dix âgé de 20 ans et plus vit avec le diabète, et le diabète de type 2 représente de 90 à 95 % des cas. La plupart d’entre nous vivent donc avec cette maladie ou connaissent quelqu’un qui en est atteint. Lorsque nous pensons à la prise en charge du diabète, nous imaginons généralement un lecteur de glycémie et une liste d’aliments à éviter.
Or, les recherches révèlent une réalité beaucoup plus vaste. Le diabète touche l’ensemble de l’organisme, ce qui signifie qu’il existe davantage de possibilités d’agir qu’on pourrait le croire. À l’occasion du Mois de la sensibilisation au diabète, nous avons sélectionné cinq pistes d’action tirées de la bibliothèque du Portail.
Cinq aspects de la santé à considérer au-delà de la glycémie
1. Votre bouche
Le diabète et les maladies des gencives peuvent s'influencer mutuellement. Le diabète augmente le risque de maladies des gencives, tandis que celles-ci peuvent entraîner une hausse de la glycémie.
Une revue systématique portant sur des personnes vivant avec ces deux problèmes de santé a révélé qu’un traitement professionnel des maladies des gencives, comprenant un nettoyage en profondeur sous la gencive, permettait de réduire la glycémie. Cette amélioration était observable trois à quatre mois après le traitement et pouvait se maintenir jusqu’à un an.
À essayer : Brossez-vous les dents, utilisez la soie dentaire et veillez à respecter vos rendez-vous de suivi chez le dentiste. Si le coût des soins dentaires constitue un obstacle, sachez que le Régime canadien de soins dentaires couvre certains traitements des gencives pour les personnes âgées admissibles qui ne disposent pas d’une assurance dentaire.
Pour en savoir plus : Garder ses gencives en santé pour aider à gérer le diabète ?
2. Votre alimentation
Il n’existe pas de régime alimentaire unique pour les personnes vivant avec le diabète.
Une revue a comparé plusieurs habitudes alimentaires : alimentation à faible indice glycémique (IG), régime méditerranéen, alimentation à base de végétaux, régime riche en protéines, régime faible en matières grasses et régime à teneur modérée en glucides.
Après six mois, toutes ces approches avaient permis d’améliorer la glycémie et de réduire le poids corporel chez les personnes vivant avec le diabète de type 2. L’alimentation à faible indice glycémique avait également réduit le risque d’événements cardiovasculaires majeurs. D’autres recherches sont toutefois nécessaires pour mieux comprendre les effets à long terme de ces approches.
Vous vivez avec le prédiabète? Une diététiste-nutritionniste pourrait être une précieuse alliée. Les recherches montrent qu'un accompagnement nutritionnel personnalisé offert par une diététiste-nutritionniste contribue probablement à réduire la glycémie à jeun, le poids, le tour de taille, le cholestérol total et la tension artérielle. On ne sait pas encore avec certitude si cet accompagnement permet de prévenir le diabète de type 2, mais ses effets sur ces facteurs de risque sont encourageants.
À essayer : Dans plusieurs provinces, il est possible d’obtenir gratuitement des conseils nutritionnels par téléphone ou en ligne, ainsi qu’auprès des services locaux de santé publique, des centres de santé communautaires et des équipes de santé familiale. Certains régimes privés d’assurance couvrent également les consultations en nutrition. Il vaut donc la peine de vérifier votre couverture.
3. Vos pieds
Le diabète peut endommager les nerfs des pieds. Une petite coupure ou une ampoule peut ainsi passer inaperçue jusqu’à ce qu’elle entraîne un problème plus important. Heureusement, quelques gestes simples au quotidien peuvent faire une grande différence.
À essayer :
- Examinez vos pieds chaque jour pour repérer les coupures, les ampoules, les fissures, la sécheresse de la peau, les changements de couleur et toute modification des ongles.
- Lavez et hydratez vos pieds quotidiennement.
- Soyez attentif aux engourdissements, aux picotements ou à toute perte de sensibilité, et signalez ces symptômes à un professionnel de la santé.
- Portez des chaussures bien ajustées plutôt que de marcher pieds nus.
- Faites examiner régulièrement vos pieds par un médecin ou un spécialiste des soins des pieds.
4. Votre activité physique
À mesure que les journées raccourcissent et que les températures baissent, il est facile de devenir moins actif. Pourtant, l’exercice régulier joue un rôle important tant dans la prévention que dans la prise en charge du diabète de type 2. Les exercices aérobiques peuvent notamment contribuer à réduire la glycémie.
Vous cherchez une activité plus douce ou que vous pourriez pratiquer dans votre salon cet hiver? Le tai-chi et le ba duan jin méritent votre attention.
Ces pratiques issues de la médecine traditionnelle chinoise, caractérisées par des mouvements lents et fluides, pourraient contribuer à réduire la glycémie et l’indice de masse corporelle chez les personnes vivant avec le diabète de type 2. Le ba duan jin pourrait également atténuer les symptômes dépressifs.
Les bienfaits les plus importants ont été observés chez les personnes pratiquant ces activités à raison de 150 minutes par semaine, bien que des recherches de meilleure qualité soient nécessaires pour confirmer ces résultats.
À essayer : Augmentez progressivement votre niveau d’activité physique pour atteindre 150 minutes par semaine, soit environ 30 minutes par jour, cinq jours par semaine. Consultez votre professionnel de la santé avant d’entreprendre une nouvelle activité.
5. Votre entourage
Personne ne comprend aussi bien la réalité quotidienne du diabète qu’une autre personne qui vit avec cette maladie.
Les recherches suggèrent que le soutien par les pairs pourrait aider les personnes diabétiques à réduire leur glycémie, particulièrement lorsque les échanges sont fréquents et se déroulent individuellement.
Les programmes d’autogestion du diabète peuvent également être bénéfiques. Chez les personnes âgées, ils entraînent de légères améliorations de la glycémie, de la tension artérielle et du taux de cholestérol.
Les programmes les plus efficaces sont adaptés aux besoins et aux objectifs de chaque personne et comprennent un soutien en matière de santé mentale.
À essayer : Renseignez-vous auprès de votre équipe de soins sur les programmes d’autogestion du diabète et les groupes de soutien par les pairs offerts dans votre communauté.
De petits gestes pour une meilleure santé globale
Prendre en charge son diabète ne signifie pas devoir tout faire parfaitement. Il s’agit plutôt de reconnaître les aspects de sa santé sur lesquels il est possible d’agir et de s’appuyer sur des informations fiables pour orienter ses choix.
Toutes les stratégies présentées ici ne conviennent pas nécessairement à tout le monde. N’hésitez donc pas à discuter de vos questions avec votre équipe soignante afin d’élaborer un plan adapté à votre réalité.
S’il y a un message à retenir ce mois-ci, c’est celui du Dr Gerstein : ce n’est pas votre faute, et vous avez de nombreuses possibilités d’agir.
Vous pensez bien connaître le diabète? Regardez la vidéo de quatre minutes du Dr Gerstein, puis mettez vos connaissances à l’épreuve grâce à notre questionnaire de quatre questions.


