Mois de la sensibilisation au cancer de la prostate : ce que disent les données probantes sur le dépistage

Mois de la sensibilisation au cancer de la prostate : ce que disent les données probantes sur le dépistage

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Septembre est le Mois de la sensibilisation au cancer de la prostate. Si vous êtes un homme de plus de 55 ans, vous avez probablement déjà entendu ce conseil : « Faites simplement le test. » Cela semble simple, mais la réalité est un peu plus nuancée. Comprendre ces nuances est l’une des choses les plus utiles que vous puissiez faire pour votre santé ce mois-ci.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes au Canada, à l’exception des cancers de la peau, et il constitue la troisième cause de décès par cancer chez les hommes. Ces chiffres méritent d’être pris au sérieux. Mais ils ne signifient pas pour autant que tous les hommes devraient se précipiter pour passer un test de dépistage.

Le test de l’APS : utile, mais il ne dit pas tout

La plupart des discussions sur le dépistage du cancer de la prostate portent sur le test de l’antigène prostatique spécifique (APS), une simple analyse sanguine qui mesure le taux d’APS. Un taux élevé peut être un signe de cancer de la prostate, mais il peut aussi être causé par des problèmes non cancéreux, comme une augmentation du volume de la prostate ou une infection récente.

C’est là le cœur de la question. Le test de l’APS présente de réels avantages, mais il comporte aussi des risques, et, pour de nombreux hommes, l’équilibre entre les deux est plus serré qu’on pourrait le croire. Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs ne recommande pas le dépistage systématique par l’APS dans la population générale. Voici, dans les grandes lignes, ses recommandations :

  • Moins de 55 ans : le dépistage n’est pas recommandé.
  • De 55 à 69 ans : c’est dans ce groupe que la discussion est la plus importante. Le dépistage peut procurer un faible bénéfice, mais il comporte également des risques. Il s’agit donc d’une décision à prendre avec votre médecin plutôt que d’un examen à effectuer automatiquement.
  • 70 ans et plus : le dépistage n’est généralement pas recommandé.

Les risques ne sont pas qu’hypothétiques. Un « faux positif » (c'est-à-dire lorsque le test indique un problème qui n’existe pas) peut mener à des examens supplémentaires, notamment des biopsies, qui comportent leurs propres risques. Le surdiagnostic constitue une autre préoccupation : le dépistage peut détecter un cancer à croissance lente qui n’aurait probablement jamais causé de problème au cours de la vie d’un homme, mais qui peut néanmoins entraîner des traitements ayant des effets secondaires durables.

Les signes auxquels porter attention

Le dépistage est important, mais il est aussi essentiel de porter attention à ce qui se passe dans votre corps, quelle que soit votre décision concernant le test de l’APS. Si vous remarquez l’un des signes suivants, parlez-en à votre médecin ou à un autre professionnel de la santé :

  • de la difficulté à commencer à uriner ou un jet urinaire faible;
  • le besoin d’uriner plus souvent qu’à l’habitude;
  • le besoin de se lever plusieurs fois pendant la nuit pour uriner.

Ces symptômes sont fréquents avec l’âge et n’ont souvent rien à voir avec un cancer. Il est néanmoins préférable d’en parler à votre professionnel de la santé lors de votre prochain rendez-vous plutôt que d’attendre qu’ils disparaissent d’eux-mêmes.

Peut-on réduire son risque?

Il n’existe aucun moyen sûr de prévenir le cancer de la prostate, et prétendre le contraire serait trompeur. Cela dit, les habitudes qui favorisent la santé de la prostate sont également bénéfiques pour la santé globale en vieillissant. Une approche raisonnable consiste à adopter une alimentation équilibrée riche en fruits, en légumes et en fibres, tout en limitant la consommation de viandes rouges et transformées. À cela s’ajoutent la pratique régulière d’activité physique et le maintien d’un poids santé.

Le principal message à retenir : prendre une décision éclairée, sans se précipiter

S’il y a un message à retenir de ce mois de sensibilisation, c’est que le dépistage du cancer de la prostate n’est pas simplement une question de dire oui ou non. Il s’agit d’une décision personnelle qui dépend notamment de votre âge, de vos antécédents familiaux, de votre état de santé général et de ce qui compte le plus pour vous. La meilleure approche consiste à avoir une discussion franche avec votre médecin, en vous appuyant sur de l’information fiable que vous avez eu le temps d’examiner.

Les outils d’aide à la décision fondés sur les données probantes sont conçus pour aider à mieux comprendre les différentes options, et les recherches montrent qu’ils permettent d’améliorer les connaissances des hommes sur le dépistage. Pendant ce mois de sensibilisation, envisagez d’avoir cette discussion avec votre professionnel de la santé. Préparez-vous, posez des questions sur les avantages comme sur les risques et choisissez l’option qui vous convient le mieux.

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