Les espaces publics peuvent grandement influencer notre vie quotidienne. Les trottoirs, les parcs, les espaces verts et les autres lieux communs nous permettent de faire de l’exercice, de rencontrer d’autres personnes, de participer à la vie communautaire et d’effectuer les courses nécessaires pour répondre à nos besoins quotidiens. Cependant, les espaces publics ne sont pas toujours conçus en tenant compte des personnes aînées.
Les bordures de trottoir élevées, les trottoirs abrupts ou inégaux, le mauvais drainage, la signalisation difficile à comprendre et le manque d’aires de repos ne sont que quelques exemples de caractéristiques qui font que les espaces publics peuvent ne pas répondre aux besoins des personnes aînées. À première vue, ces caractéristiques peuvent sembler n’être que des inconvénients mineurs. Toutefois, pour certaines personnes aînées, elles peuvent déterminer si une sortie paraît réalisable, épuisante ou même dangereuse. À mesure que les obstacles s’accumulent, les possibilités quant aux endroits où les personnes aînées peuvent aller, aux activités qu’elles peuvent faire et aux personnes qu’elles peuvent voir, deviennent limitées.
Les espaces publics adaptés aux personnes aînées peuvent les aider à conserver leur autonomie, à participer à des activités qui comptent pour elles et à maintenir des liens sociaux.
Ce que nous apprend la recherche
Une synthèse des données probantes publiée en 2024 a examiné 44 études menées dans 38 pays sur le lien entre les espaces publics et la qualité de vie des personnes aînées.
Elle a relevé cinq dimensions de la qualité de vie dont il faut tenir compte lors de la conception des espaces publics :
- l’autonomie
- les activités qui comptent pour les personnes aînées
- les relations sociales positives
- les possibilités de loisirs
- la santé.
Ces cinq dimensions sont étroitement liées. Une personne peut être capable de marcher jusqu’à un parc, mais un trajet inaccessible ou l’absence d’endroits où se reposer en chemin peut l’empêcher de s’y rendre. Cela réduit non seulement son activité physique, mais aussi ses possibilités de participer à des activités communautaires, de rencontrer des membres de son cercle d’amis ou de passer du temps en présence d’autres personnes.
Les obstacles environnementaux identifiés dans la synthèse, comme des bordures de trottoir élevées, des trottoirs abrupts, un mauvais drainage, un nombre limité d’endroits où se reposer et une mauvaise signalisation peuvent rendre plus difficiles les déplacements des personnes aînées dans leur communauté, en toute sécurité et avec confiance. Ces obstacles peuvent ainsi réduire leur autonomie dans leurs activités quotidiennes.
À l’inverse, les espaces publics peuvent aussi créer des possibilités. Les espaces verts accessibles favorisent les rencontres et les liens sociaux, tandis que les parcours sans obstacle facilitent la participation à des activités de loisirs et la pratique d’activités physiques. Toutefois, les auteurs soulignent qu’il faut mieux comprendre quelles caractéristiques d’aménagement sont les plus importantes, et pour quelles communautés et cultures.¹
Qu’est-ce qui rend un espace public adapté aux personnes aînées?
Les espaces publics adaptés aux personnes aînées devraient être accessibles tout au long du trajet, et non uniquement à destination. Un parc ou un espace communautaire peut être bien aménagé, mais demeurer difficile à fréquenter si le parcours pour s’y rendre comporte des passages piétonniers peu sécuritaires, des trottoirs inégaux, des pentes abruptes ou trop peu d’aires de repos. L’accessibilité doit donc être pensée dans une perspective de parcours complet, depuis le point de départ jusqu’à la destination.
Les espaces adaptés aux personnes aînées devraient comprendre :
- des parcours sécuritaires et bien entretenus reliant les domiciles, les services de transport et les espaces communautaires
- des passages piétonniers, des bordures de trottoir, des pentes et des surfaces accessibles qui répondent à tous les besoins en matière de mobilité
- des bancs et des endroits où se reposer à des intervalles raisonnables
- une signalisation claire qui ne repose pas entièrement sur les technologies numériques
- diverses possibilités de marcher, de faire de l’exercice, de profiter des espaces verts et de créer des liens avec d’autres personnes.
Comment les personnes aînées et les proches aidants peuvent contribuer à façonner les espaces publics
Les gouvernements, les responsables de la planification, les fournisseurs de services de transport et les organismes communautaires ont la responsabilité de créer des milieux inclusifs et adaptés aux personnes aînées. Toutefois, les personnes aînées et les proches aidants peuvent contribuer à ce travail en signalant les obstacles et les besoins pratiques qui risquent de passer inaperçus. Elles peuvent notamment :
- Décrire l’ensemble du trajet lorsqu’elles signalent un problème, afin que les responsables de la planification puissent déterminer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas tout au long du parcours
- Décrire concrètement les effets des obstacles, qu’ils vous empêchent d’accéder à un service ou de participer à une activité
- Participer aux consultations locales afin que les responsables des processus de planification municipale, les associations de quartier et les initiatives de collectivités adaptées aux personnes aînées puissent utiliser leurs commentaires pour proposer des changements
- Inviter les décideurs à parcourir le trajet avec elles, puisque cette expérience peut révéler des obstacles qui ne sont pas faciles à repérer sur une carte.
Les communautés devraient évaluer les espaces publics de façon plus approfondie que simplement en se demandant si les gens peuvent y accéder ou si l’espace lui-même est utilisable. Elles devraient se demander si les personnes aînées peuvent atteindre ces espaces, les utiliser et en profiter pleinement, en toute confiance et dans la dignité.


