La maladie de Parkinson est une affection du système nerveux qui est de plus en plus souvent à l’origine de décès et d’invalidité partout dans le monde (1;2). Lorsque l’on évoque la maladie de Parkinson, nous sommes nombreux à penser automatiquement aux tremblements. Cela n’a rien d’étonnant, étant donné que, depuis des années, ce symptôme caractéristique a été au centre des campagnes de sensibilisation du public et de la représentation de la maladie dans les médias. Cependant, lorsque nous regardons au-delà des tremblements pour avoir une vision plus complète de cette maladie et de ses répercussions sur la vie quotidienne et le fonctionnement, nous constatons qu’elle se caractérise par un éventail de symptômes moteurs et non moteurs (1;2). Ceux-ci comprennent la lenteur des mouvements, la raideur musculaire, les troubles de l’équilibre, les difficultés à marcher, la douleur, les troubles sensoriels (p. ex., la perte de l’odorat), les troubles du sommeil et les troubles cognitifs (1).
Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont fourni des informations essentielles sur leurs expériences et leurs priorités. Par exemple, parmi les symptômes de grande portée de la maladie, les difficultés à marcher constituent l’une de leurs principales préoccupations. Par conséquent, s’attaquer efficacement à ce défi pourrait avoir un impact significatif sur leur vie quotidienne (1;3;4). Cette priorité a depuis guidé et orienté la recherche (1).
Dans cette optique, penchons-nous sur une récente revue systématique qui examine les effets des programmes de marche structurés volontaires sur différents aspects de la capacité de marche chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Ici, « volontaire » signifie simplement marcher de façon autonome, marcher à l’aide de certaines aides comme des cannes, des harnais, des bâtons de marche nordique, ou marcher sur un tapis roulant. De plus, le terme « structuré » fait référence à des programmes de marche organisés ou planifiés, comportant des fréquences, des durées et des intensités de marche spécifiques (1).
Alors, est-ce que « mettre la marche en pratique » aide?
Ce que nous apprend la recherche
À vos marques, prêts, marchez! La revue a révélé que les programmes de marche volontaire structurés peuvent améliorer de manière significative la vitesse de marche, la longueur des pas et la longueur de foulée chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. La distance parcourue, la gravité de la maladie et la mobilité pourraient également s’améliorer, mais les données indiquant si ces changements sont suffisamment importants pour faire une différence significative dans la vie quotidienne ne sont pas aussi claires. Ces résultats positifs pourraient s’appliquer davantage aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson à un stade précoce ou présentant un handicap moins grave. Étant donné que la revue a porté sur des études exigeant que les participants soient capables de marcher de façon autonome ou possèdent une certaine capacité de marche, nous ne pouvons pas généraliser excessivement ces conclusions.
Dans quels domaines sommes-nous moins optimistes ou incapables de nous prononcer? Eh bien, la cadence (le nombre de pas par minute) ne s’est pas améliorée, et malheureusement, les données sont insuffisantes pour évaluer les effets sur la qualité de vie globale. Des recherches supplémentaires sont également nécessaires pour mieux comprendre si ces bienfaits se maintiennent à long terme et pour déterminer le programme ou la routine de marche la plus efficace (1).
En attendant, nous pouvons chercher des moyens de faire de la marche une habitude plus régulière. Commencer doucement et augmenter progressivement la durée ou la fréquence de nos marches permet de garder le tout gérable. Trouver une façon de marcher qui nous plaît et qui correspond à nos capacités peut également nous motiver à lacer nos souliers de course et à persévérer. Heureusement, la marche est une activité aux possibilités infinies! Nous pouvons marcher à l’intérieur ou à l’extérieur, dans le confort de notre domicile ou à la salle de sport, avec ou sans tapis roulant, et seuls ou en compagnie d’amis, de membres de la famille ou de pairs. Mais la sécurité doit toujours être la priorité absolue, surtout en cas de problèmes de santé sous-jacents qui affectent l’équilibre, la motricité et les fonctions cognitives. Il est utile de consulter notre équipe de soins de santé afin de déterminer la meilleure façon de pratiquer la marche comme forme d’exercice, en toute sécurité et avec succès, en fonction de nos besoins individuels.


