Les systèmes auditif et visuel travaillent de concert pour nous aider à comprendre l’espace qui nous entoure et à nous y orienter, ce qui nous permet de réaliser efficacement des activités quotidiennes comme marcher ou conduire. Par exemple, nous utilisons nos capacités de localisation auditive et nos fonctions visuelles – telles que la perception des contours, de la profondeur et du mouvement – pour recueillir des informations sur notre environnement (p. ex., des véhicules ou obstacles qui approchent, etc.). Lorsque la santé de la vision et de l’ouïe est bonne, nous pouvons utiliser ces informations pour naviguer en toute sécurité dans notre environnement, même dans des situations complexes impliquant plusieurs sens et plusieurs tâches à la fois (1 ; 2). La plupart des activités liées à l’autonomie, comme préparer un repas, conduire ou marcher, exigent une coordination entre les fonctions sensorielles, motrices et cognitives, et impliquent souvent la réalisation de plusieurs tâches simultanément (3).
Ce que la recherche nous apprend
Lorsque les capacités visuelles et/ou auditives sont altérées, maintenir l’équilibre ou marcher en toute sécurité devient plus difficile, ce qui augmente le risque de chutes (4 ; 5). Les personnes ayant une perte auditive présentent un risque de chute trois fois plus élevé, et celles ayant une perte de vision, un risque deux fois plus élevé (6 ; 7).
Les données probantes suggèrent que la capacité cognitive peut être mobilisée pour compenser les déclins sensoriels et moteurs liés à l’âge, ce qui entraîne une surcharge cognitive lors des activités de la vie quotidienne, comme écouter tout en marchant ou en conduisant (8–10).
De même, une performance de conduite réduite et un risque accru d’accident sont associés à des déficiences visuelles, telles qu’une faible acuité visuelle, une mauvaise sensibilité au contraste, des champs visuels restreints, des champs attentionnels visuels réduits et une grande sensibilité à l’éblouissement (11 ; 12). Certaines données indiquent que les conducteurs âgés ayant à la fois une déficience auditive et visuelle présentent des taux d’accidents plus élevés que ceux n’ayant aucune déficience sensorielle, ou qu’une seule (13). En Ontario, les conducteurs doivent satisfaire à des exigences visuelles minimales en termes d’acuité et de champs visuels pour conserver leur permis de conduire. Les personnes âgées ayant des déclins sensoriels adaptent souvent leur conduite en évitant de conduire par mauvais temps ou la nuit.
Recommandations
Que peut-on faire pour optimiser la mobilité à l’intérieur et à l’extérieur de la maison ? Les recommandations pour une mobilité sécuritaire incluent des mesures préventives comme la protection de sa santé sensorielle (p. ex., porter des protections auditives ou des lunettes de soleil), faire vérifier régulièrement sa vision et son audition, et corriger tout problème sensoriel au moyen de technologies (p. ex., verres correcteurs, appareils auditifs) ou en apprenant de nouvelles compétences. À la maison, il est recommandé de s’assurer que les espaces sont bien éclairés, silencieux et dégagés pour favoriser la sécurité lors des déplacements. L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît que le fait de s’occuper de ces fondements (audition et vision) peut avoir des retombées importantes sur la mobilité et les activités fonctionnelles (p. ex., participation sociale, exercice), qui sont associées à un vieillissement en santé (14).


