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Satisfaire ses fringales de friandises avec des substituts de sucre peut-il aider à perdre du poids ?

Les messages clés

  • Chaque année, 41 millions de personnes dans le monde meurent d’une maladie chronique.
  • Les facteurs de risque pour le développement d’une maladie chronique comprennent la consommation d’un régime alimentaire malsain et le surpoids ou l’obésité.
  • Les édulcorants non nutritifs peuvent entraîner une réduction du poids ou de l’indice de masse corporelle chez les adultes, les personnes souffrant de surpoids ou d’obésité et celles qui suivent un régime sans restriction.
  • L’utilisation de plusieurs substituts de sucre non nutritifs est approuvée au Canada, et ils semblent généralement sûrs lorsqu’ils sont consommés à certaines doses. Toutefois, consultez toujours votre équipe de soins de santé avant de les utiliser comme édulcorants de table ou de consommer délibérément des aliments dans lesquels ils sont déjà présents, afin de vous assurer qu’ils sont sans danger pour vous, compte tenu de tout problème de santé sous-jacent.

Les maladies chroniques, notamment les maladies respiratoires, le diabète et le cancer, sont responsables de la mort de 41 millions de personnes dans le monde chaque année. Les comportements modifiables et les facteurs de risque métaboliques augmentent le risque de développer une maladie chronique (1). Par exemple, les comportements modifiables, tels qu’une alimentation malsaine, peuvent entraîner des problèmes métaboliques, comme le surpoids ou l’obésité, qui peuvent à leur tour augmenter le risque de maladie cardiaque et de multiples autres problèmes de santé (1 ; 2). On considère souvent l’excès de sucre — plus précisément les sucres ajoutés aux aliments et aux boissons pendant la fabrication ou à la table avant la consommation — comme un facteur contribuant au surpoids, à l’obésité et au développement de maladies chroniques. Cela peut nous faire réfléchir avant d’ajouter du sucre à notre boisson chaude du matin ou de préparer en vitesse des friandises.


Au fil des ans, on a cherché à identifier des stratégies susceptibles de contribuer à la lutte contre l’« épidémie » d’obésité. L’utilisation de substituts de sucre non nutritifs comme moyen alternatif de sucrer les aliments et les boissons est une méthode qui a retenu l’attention des chercheurs. Ces substituts du sucre n’ont aucune valeur nutritive et sont peu ou pas caloriques. Ils portent différents noms, notamment édulcorants non nutritifs, édulcorants non caloriques ou très peu caloriques, ou édulcorants artificiels (2). Ces substituts sont présents dans certains aliments et boissons, tels que les boissons gazeuses « diététiques » ou « sans sucre », les pâtes à tartiner aux noix et les céréales pour petit-déjeuner. Certains types sont également disponibles comme édulcorants de table (3). Il est intéressant de noter que des études antérieures ont plaidé pour et contre l’utilisation des substituts de sucre, certaines ayant conclu qu’ils peuvent augmenter le poids en encourageant les gens à manger davantage, et d’autres ayant démontré qu’ils contribuent à la perte de poids (2 ; 4-7). Une revue systématique récente a cherché à clarifier le sujet en examinant de manière exhaustive les données, y compris les études récemment publiées (2).


Ce que nous apprend la recherche

L’étude a comparé l’évolution du poids et de l’indice de masse corporelle de personnes consommant des édulcorants non nutritifs, tels que l’aspartame, le stévia, le sucralose, la saccharine et le rébaudioside A, à celle de personnes consommant du sucre de table, de l’eau, un placebo ou ne recevant rien. Dans l’ensemble, l’étude révèle que l’utilisation d’édulcorants non nutritifs peut contribuer à réduire le poids et l’indice de masse corporelle dans une mesure faible à modérée. Mais un examen plus approfondi des données montre que ces avantages ne peuvent être obtenus que par certaines personnes ou dans certaines conditions. Par exemple, il semble que les enfants ou les adolescents, les personnes considérées comme ayant un poids normal et celles qui suivent un régime amaigrissant ne voient pas de résultats. En revanche, les adultes, les personnes souffrant de surpoids ou d’obésité et celles qui suivent un régime sans restriction peuvent récolter les fruits de leurs efforts en matière de poids. De plus, il semble que les édulcorants non nutritifs aient le potentiel d’être efficaces lorsqu’ils remplacent le sucre de table, en particulier. Cela dit, il faut tenir compte du fait que les résultats présentés ici se basent sur des preuves de qualité faible à moyenne, avec des résultats mesurés uniquement à court terme. Cela signifie que d’autres études de haute qualité avec des périodes de suivi plus longues sont nécessaires pour vraiment comprendre l’impact des édulcorants non nutritifs sur le poids à court et à long terme.


Seules quelques études incluses dans l’examen font état d’effets secondaires. En général, le groupe qui consomme des édulcorants non nutritifs et le groupe qui n’en consomme pas présentent des effets secondaires mineurs similaires. Il s’agit notamment de problèmes de comportement, de transit intestinal, d’allergies et d’inconfort abdominal. Certaines études ont mené des investigations plus approfondies et ont découvert que tout ou partie des effets secondaires observés ne sont pas liés aux édulcorants non nutritifs utilisés (2). En dehors de cette revue systématique, il est important de noter que l’utilisation de divers édulcorants non nutritifs et nutritifs est approuvée à des niveaux/quantités spécifiques par Santé Canada, ce qui signifie que leur innocuité a été évaluée et que leur utilisation est strictement réglementée (3). Pour obtenir une liste complète des édulcorants autorisés et de plus amples informations, consultez le site Web du gouvernement du Canada. Si vous souhaitez utiliser des édulcorants non nutritifs, que ce soit en tant qu’édulcorant de table ou en vous concentrant sur les aliments qui en contiennent, parlez-en d’abord à votre équipe de soins de santé afin de déterminer s’ils sont sans danger pour vous en fonction de tout problème de santé existant dont vous pourriez souffrir et pour obtenir des conseils sur leur utilisation.


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Références

  1. Organisation mondiale de la santé. Maladies non transmissibles. [Internet] 2021. [consulté en septembre 2021]. Disponible en ligne : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/noncommunicable-diseases
  2. Laviada-Molina H, Molina-Segui F, Pérez-Gaxiola G, et coll. Effets des édulcorants non nutritifs sur le poids corporel et l'IMC dans divers contextes cliniques: une revue systématique et méta-analyse. Obes Rev. 2020; 21:e13020. doi: 10.1111/obr.13020.
  3. Gouvernement du Canada. 9. Liste des édulcorants autorisés (Listes des additifs alimentaires autorisés). [Internet] 2021. [consulté en septembre 2021]. Disponible en ligne : https://www.canada.ca/en/health-canada/services/food-nutrition/food-safety/food-additives/lists-permitted/9-sweeteners.html
  4. Yang Q. Gain weight by “going diet?” artificial sweeteners and the neurobiology of sugar cravings. Yale J Biol Med. 2010; 83(2):101-108.
  5. Suez J, Shapiro H, Elinav E. Role of the microbiome in the normal and aberrant glycemic response. Clin Nutr Exp. 2016; 6:59-73.
  6. Mattes RD, Popkin BM. Nonnutritive sweetener consumption in humans: Effects on appetite and food intake and their putative mechanisms. Am J Clin Nutr. 2009; 89(1):1-14.
  7. Mattes RD. Low calorie sweeteners: Science and controversy. Physiol Behav. 2016; 164(Pt B):429-431.

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