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La gestion de cas pour aider à mettre fin à l'itinérance

Les messages clés

  • Les personnes sans abri ou logées de façon précaire sont plus exposées à la maladie mentale et à la toxicomanie, à des problèmes de santé chroniques et à une mort prématurée.

  • On estime que 24,4% des utilisateurs des refuges pour sans-abri ont 50 ans et plus.

  • Le fait d’avoir une personne dédiée (un gestionnaire de cas) améliore la satisfaction, la qualité de vie et l’utilisation des services communautaires.

La pandémie de COVID-19 nous a tous frappé de plein fouet, mais elle a durement touché les plus vulnérables d’entre nous. Parmi celles-ci, nous comptons les personnes sans abri ou logées de façon précaire. Ces personnes courent un risque accru d'infection au COVID-19 en raison de facteurs de risques liés à des conditions médicales sous-jacentes, mais aussi à leur difficulté à adhérer aux directives de santé publique telles que la distanciation physique et le confinement en raison de leurs conditions d'hébergement.(1)

L’itinérance et la précarité liée au logement ne sont pas des phénomènes marginaux. C’est le vécu de plus de 35 000 personnes chaque jour au Canada. Chaque année, on estime que plus de 235 000 personnes connaîtront l'itinérance au pays. Le nombre de personnes âgées de 50 ans et plus sans-abri continue toutefois d'augmenter. Ils représentent 24,4% des utilisateurs des refuges pour sans-abri.(2)

Soutenir les personnes sans-abri ou vivant dans des logements précaires demeure une tâche complexe, encore plus en contexte de pandémie. Diverses stratégies de soutien peuvent être mises en place, dont le recours à des gestionnaires de cas.

Selon l’Observatoire canadien sur l'itinérance, la gestion de cas est une approche collaborative et planifiée visant à s’assurer qu’une personne en situation d’itinérance obtienne les services et les soutiens dont elle a besoin pour avancer dans la vie. Les stratégies de gestion de cas proviennent bien souvent du secteur de la santé mentale et de la toxicomanie. Un gestionnaire de cas évalue les besoins de leur client (et possiblement de leur famille) et, lorsque cela est nécessaire, organise, coordonne et défend la prestation de toute une gamme de programmes et de services conçus pour répondre aux besoins de leur client, et assure l’accès à ceux-ci.

Est-ce que ces interventions de gestion de cas ont des effets bénéfiques auprès des les personnes sans-abri ou logées de façon précaire?

Ce que la recherche nous apprend

Une revue systématique de 56 études a examiné l’efficacité de quatre types d’interventions auprès de personnes sans abri ou logées de façon précaire en lien avec la stabilité du logement, la santé mentale, la qualité de vie, la toxicomanie, l’hospitalisation, l’emploi et les revenus.(3)

Dans le continuum de services, quatre modèles prédominants de gestion de cas existent : la gestion de cas standard, la gestion de cas intensive, les services communautaires de traitement actif et l’intervention en temps critique. Malgré que ces interventions soient variées en termes de définition, de complexité, de populations cibles desservies et de modes de prestation, les résultats montrent que la gestion de cas doit être continue, ancrée dans la communauté et intensive afin de maintenir ou d’accroître les gains obtenus.

Voyons les quatre types de gestion de cas plus en détail :

1. La gestion de cas standard vise à fournir un ensemble de services de santé et sociaux dans le but d’aider la personne à maintenir une bonne santé et des relations sociales. Cette approche implique l’engagement du client, l’évaluation, la planification, la mise en lien avec les ressources, la consultation avec leur famille, la collaboration avec les différents professionnels impliqués et l’intervention en cas de crise. Les études qui ont examiné une telle approche révèlent que la gestion de cas standard peut avoir des effets limités et à court terme sur la toxicomanie et en matière de logement. Toutefois, certains clients peuvent vivre une augmentation de l’hostilité et de la dépression.

2. La gestion de cas intensive cible les personnes ayant des problèmes plus complexes, graves et persistants en matière de santé, de santé mentale et de dépendance, afin de les aider à conserver leur logement, accéder aux services et obtenir une meilleure qualité de vie grâce au soutien chaleureux et à long terme d’un gestionnaire de cas disponible 24/7. Les études révèlent qu’une telle approche semble avoir des effets positifs, notamment une réduction du nombre de jours passés en itinérance, une réduction de la toxicomanie et une amélioration des revenus.

3. Les interventions en temps critique permettent la continuité des soins pendant les périodes de transition, par exemple après la sortie d’un hôpital. De tels services, limités dans le temps, visent à renforcer le réseau de soutien de la personne au sein de la communauté et à favoriser son autonomie. Les études ont révélé qu’une telle approche favorisait une légère réduction des symptômes psychologiques et une réduction du nombre de visites aux urgences et des jours d’hospitalisation, mais semble aussi avoir des effets prometteurs sur la stabilité du logement.

4. Les services communautaires de traitement actif visent à offrir des soins et des services adaptés aux besoins et aux objectifs de chaque personne, de façon intensive grâce à une équipe multidisciplinaire de travailleurs de la santé disponibles 24/7 au sein de la communauté. Les études révèlent qu’une telle approche favorise la réduction du nombre de visites aux urgences et des jours d’hospitalisation, et semble efficiente pour les personnes ayant des besoins complexes, d’un point de vue des coûts et des avantages globaux pour les clients, le système de soins de santé et la société dans son ensemble.

L’itinérance n’est pas une fin en soi

Les expériences de gestion de cas révèlent que le succès de tels programmes repose entre autres sur une relation de confiance avec le gestionnaire de cas, mais aussi des interventions choisies en fonction du contexte et des besoins spécifiques du client.(4)

Impliquez-vous et partagez vos idées : Il est possible de vous impliquer afin de défendre les droits des personnes sans-abri ou logées de façon précaire, mais aussi à partager vos idées afin de trouver des solutions. Par exemple, l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance est un mouvement national d’individus, d’organismes et de collectivités travaillant ensemble pour mettre fin à l’itinérance au Canada.

Soutenez les refuges locaux : Appelez les refuges pour sans-abri dans votre communauté pour connaître leurs besoins exacts (que ce soit certains types de vêtements, de denrées, ou autre).

Offrez votre temps : Les refuges pour sans-abri à travers le pays dépendent de bénévoles pour garder leurs portes ouvertes et assurer le bon déroulement des opérations.

Il est possible d’aider les gens à sortir de l’itinérance et mettre fin à la précarité de logement, si on met tous l’épaule à la roue.


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Références

  1. Centers for Disease Control and Prevention. Homelessness and COVID-19 FAQs. U.S. Department of Health and Human Services, 26 February, 2021.

  2. Gaetz S, Dej E, Richter T, Redman M. The State of Homelessness in Canada 2016. Toronto: Canadian Observatory on Homelessness Press, 2016.

  3. Ponka D, Agbata E, Kendall C, Stergiopoulos V, Mendonca O, Magwood O, et al. The effectiveness of case management interventions for the homeless, vulnerably housed and persons with lived experience: A systematic review. PLoS ONE, 2020,15(4): e0230896.

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