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Quand la désinformation devient virale

Les messages clés

  • De nombreuses personnes souffrent de stress et d'anxiété lors de la pandémie de coronavirus (COVID-19), ce qui peut être exacerbé par une tonne d'informations circulant sur les médias et les réseaux sociaux.

  • Les interventions pour corriger la désinformation devraient fournir des explications cohérentes qui décrivent ce qui s'est réellement passé et pourquoi cela s'est produit.

  • Développez vos capacités de réflexion critique en posant des questions clés pour déterminer si les informations sont fiables.

La pandémie de coronavirus (COVID-19) nous fait vivre des moments parfois stressants et angoissants. Le contexte de distanciation sociale et physique, le confinement chez soi, l’incertitude quant à la lutte contre le virus et au retour à la « normale ». Ces sentiments peuvent être exacerbés par le déluge de nouvelles qui circulent en continu dans les médias et sur les réseaux sociaux à propos des mesures pour lutter contre le virus (qui sont parfois différentes travers le pays et à travers le monde), de possibles traitements prometteurs, ou encore des théories du complot quant à la provenance du virus.(1)

La désinformation (que l’on appelle parfois les « fausses nouvelles ») n’est pas un phénomène nouveau. Cela dit, les personnes âgées sont particulièrement sensibles à la désinformation. Une étude menée aux États-Unis révélaient que les internautes de plus de 65 ans ont d’ailleurs tendance à relayer plus de fausses informations sur les réseaux sociaux que les utilisateurs plus jeunes.(2)

À l'heure où les fausses nouvelles deviennent virales, comment peut-on combattre la désinformation?

Ce que la recherche nous apprend

Une récente revue systématique de qualité modérée a examiné 65 études sur des interventions visant à corriger de la désinformation.(3) Les résultats indiquent qu’il n’est pas simple pour des individus ou des organisations de combattre la désinformation. Cela dit :

- il semble plus difficile de corriger les informations erronées liées aux enjeux politiques et de marketing plutôt que les informations erronées sur des enjeux de santé;

- il semble plus difficile de corriger la désinformation lorsqu'elle est liée à des problèmes réels (par exemple, la désinformation qui vise à amener les gens à croire que certains vaccins provoquent l'autisme), par opposition à la désinformation sur les événements fictifs (par exemple, un faux accident d'avion);

- certaines interventions peuvent ne pas être suffisantes pour corriger la désinformation si elles sont utilisées seules: par exemple, avertir les gens que les informations peuvent être trompeuses; «vérifier les faits» pour évaluer systématiquement l'exactitude des informations; ou faire appel à la crédibilité des sources (ce qui peut refléter la polarisation politique et l'érosion croissante de la confiance du public envers les sources officielles d'information); et

- les interventions visant à corriger la désinformation devraient fournir des explications cohérentes qui décrivent ce qui s'est réellement passé et pourquoi cela s'est produit.  

Entraînez votre regard critique

Dans la situation de crise que nous vivons actuellement, la vitesse à laquelle la désinformation se propage dépend de chacun nous. Il est important de redoubler de vigilance et de savoir départager le vrai du faux.

Restez à l’affut des nouvelles mesures pour lutter contre la propagation des virus : Les connaissances évoluent rapidement au sujet du nouveau coronavirus. Consultez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada et des autorités de santé publique de votre juridiction pour obtenir les plus récentes nouvelles.

Soyez vigilant quand vous lisez les résultats de nouvelles recherches (ou quand vous les partagez) : Chaque jour, il y un déluge d’information dans les médias et les médias sociaux faisant état de nouveaux traitements ou de nouvelles solutions pour contrer le coronavirus. Développez votre regard critique en posant six questions sur ces informations:
1) Quelle est la source? Examinez la fiabilité des sources de nouvelles et des références derrière les informations.

2) Qu'ont-ils à gagner? Examinez si les chercheurs, leurs bailleurs de fonds ou les groupes partageant l'information devraient bénéficier de l'information partagée (ce qui pourrait suggérer des biais potentiels).

3) Combien de personnes ont participé à l'étude? Plus il y a de personnes qui participent à une étude, plus les chercheurs sont en mesure de tirer des conclusions solides et de généraliser les résultats à une population plus large.

4) Y avait-il un groupe témoin? Les études de grande qualité répartissent de façon aléatoire les participants entre un groupe expérimental qui teste un nouveau traitement (ou une nouvelle intervention), et un groupe témoin qui reçoit le traitement habituel ou un placebo. En comparant les résultats des deux groupes, les chercheurs peuvent faire la lumière sur les bénéfices d'une intervention, en tenant compte des autres facteurs qui peuvent influencer les résultats. 

5) Combien de temps a duré l'étude? Il est utile de mesurer les bénéfices d'un traitement à court terme. Cependant, les études utilisant des moyens précis et fiables pour mesurer les effets plus d’une fois et sur une longue période (disons, pendant six mois ou un an) nous offrent plus d’informations sur les bénéfices ainsi que sur tout effet secondaire ou problème potentiel à long terme.

6) Est-ce que cela fonctionnera pour moi? Tenez compte de vos besoins, préférences et circonstances personnels lorsque vous prenez des décisions en matière de santé.


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Références

  1. Sanderson Z, Aslett K, Godel W, Persily N, Nagler J, Bonneau R, Tucker J. It’s not easy for ordinary citizens to identify fake news. The Washington Post, 7 April 2020.

  2. Guess A, Nagler J, Tucker J. Less than you think: Prevalence and predictors of fake news dissemination on Facebook. Science Advances, 2019, 5(1): eaau4586.

  3. Walter N & Murphy S. Comment faire cesser le son de la cloche: une approche méta-analytique pour corriger la désinformation Communication Monographs. 2018; 85(3): 423-441. 

 

AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ: Plusieurs de nos billets de blogue ont été rédigés avant la pandémie de COVID-19 et ne reflètent donc pas nécessairement les dernières recommandations de santé publique. Bien que le contenu de ces billets de blogue identifie des activités qui favorisent un vieillissement optimal, il est important de s'en tenir aux recommandations de santé publique les plus récentes, comme la distanciation sociale et le lavage fréquent des mains. Certaines des activités suggérées dans ces billets de blogue devront peut-être être modifiées ou évitées afin de se conformer aux recommandations actuelles en matière de distanciation sociale. Pour consulter les dernières mises à jour de l'Agence de la santé publique du Canada, veuillez visiter leur site Web.

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