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La solitude fait mal. Comment reconnaître la solitude comme un sujet de préoccupation en matière de santé.

Les messages clés

  • Un grand nombre de personnes âgées se sentent seules et cela pourrait affecter leur santé globale.
  • La modification des perceptions négatives ou erronées à son propre égard ou à l'égard des autres est une solution à la solitude.

Pourquoi la solitude est-elle un sujet de préoccupation en matière de santé ?

La plupart des gens se sentent seuls de temps en temps, mais en général ce sentiment ne dure pas longtemps. Il y a cependant certaines personnes âgées qui se sentent seules assez souvent – un Canadien sur cinq âgé de 65 ans et plus indique, dans une étude récente, qu’il se sent seul de temps en temps ou souvent (1). La proportion est encore plus élevée chez les personnes âgées de 85 ans et plus- 25 % d'entre elles se sentent seules de temps en temps ou souvent (1).

La solitude engendre un sentiment de détresse quand on manque de relations sociales ou de contact avec les gens. Les chercheurs affirment formellement que la solitude n’est pas identique à l'isolement social ; l'isolement social signifie en fait que l'on manque de gens pour interagir avec eux. Considérons deux personnes qui ont un réseau social très limité. Ces deux personnes n’ont aucune famille et seulement un voisin qui leur rend visite de temps en temps. Les chercheurs font remarquer qu’une de ces personnes peut se sentir seule, mais pas l’autre. En revanche, une personne peut avoir une grande famille vivant à proximité d’elle, mais encore se sentir seule. C'est pourquoi on dit parfois qu’on peut se sentir seul au milieu d'une foule. La solitude est en fait plus matière de perception que la situation elle-même. En outre, la solitude est aussi différente de la dépression ; bien que certaines personnes seules soient déprimées, beaucoup ne le sont pas. Cependant, la solitude peut parfois mener à la dépression. Nous ne comprenons pas tout à fait les raisons de cela, c’est un peu comme la question de l'œuf ou de la poule ; on se sait pas lequel est arrivé en premier.

Que nous montre la recherche (les données probantes) sur la solitude ?

La recherche montre que la solitude a un certain nombre de répercussions sur la santé des gens. Par exemple, les personnes âgées qui sont seules sont plus susceptibles de ressentir un déclin de leur mobilité, par rapport à celles qui ne le sont pas (2). Les personnes âgées qui sont seules sont également exposées à un risque accru de mourir plus tôt (3). Cacioppo (4), un éminent expert dans ce domaine, compare la solitude à une douleur sociale ; comme la douleur physique, elle fait souffrir. Mais la solitude peut servir aussi de force de motivation pour effectuer des changements en matière de relations sociales.

Si la solitude ne dépend pas du nombre de personnes avec lesquelles on interagit, quelles en sont les causes ? Une théorie (5) affirme que le sentiment de solitude provient de pensées négatives ou erronées (on dit aussi inadaptées) sur soi et sur les autres. Les gens qui croient qu’ils sont seuls sont plus enclins à croire que les autres les rejetteront. Ils sont également plus susceptibles d’avoir une faible estime d’eux-mêmes. Si la solitude survient en raison de ces pensées négative ou erronées (les perceptions inadaptées), alors les différentes façons d'améliorer les choses (les interventions) devraient probablement se consacrer à modifier ces perceptions. C’est exactement ce que certaines études ont tenté de faire. Par exemple, les participants à une étude d'intervention ont pris part à un atelier. Cet atelier était axé, entre autres choses, sur l’identification des relations positives du passé, sur la manière d'appliquer les aspects positifs des relations passées aux relations actuelles et sur une prise de conscience des réalisations personnelles.

Dans une revue systématique (5), les chercheurs ont examiné 50 études utilisant un large éventail de façons de surmonter la solitude (les interventions). Certaines de ces études visaient à modifier les pensées négatives ou erronées (les perceptions inadaptées). D'autres études examinaient plutôt des interventions mettant l’accent sur le renforcement des réseaux sociaux (par exemple, l'adhésion à des groupes communautaires). La revue systématique a montré que les interventions portant sur la modification des pensées négatives ou erronées (les perceptions inadaptées) sont en fait plus efficaces que tous les autres types d’interventions.

Quel est l'essentiel sur la solitude et le bien-être ?

Un grand nombre de personnes âgées se sentent seules. Réduire la solitude exige tout d’abord de comprendre la situation d'une personne. La personne est-elle seule en raison de son isolement social et de l'absence d'interlocuteurs avec lesquels interagir ? Si c'est le cas, la solution est peut-être de la mettre en contact avec d’autres personnes ; il existe de nombreux programmes conçus à cet effet que l'on trouve facilement dans les centres communautaires et les centres pour ainés. Mais peut-être que le problème n’est pas tant le manque de liens sociaux, mais plutôt la façon dont une personne se perçoit et perçoit les autres. Dans ce cas, la recherche suggère que l’accent doit être sur la modification des perceptions négatives.

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Références

  1. Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Seniors using five or more types of prescription drugs. 2010. http://www.cihi.ca/CIHI-ext-portal/internet/en/document/types+of+care/pharmaceutical/release_18mar2010.
  2. American Psychiatric Association. American Psychiatric Association.Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5e édition. Arlington, VA : American Psychiatric Association
  3. Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Les personnes âgées et le système de santé : quelles sont les répercussions des multiples affections chroniques ?. Toronto, Canada: ICIS; 2011.
  4.  Cacioppo JT, LC Hawkley, Norman GJ, Berntson GG. Social isolation. Ann N Y Acad Sci août 2011 ; 1231:17-22.
  5. Masi CM, Chen HY, Hawkley LC, Cacioppo JT. A meta-analysis of interventions to reduce loneliness. Pers Soc Psychol Rev août 2011 ; 3:219-66.

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